Sans-papiers

30 juin 2006 : ouverture de la chasse... à l’enfant

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Le lendemain du dernier jour de classe, la circulaire Sarkozy du 31 octobre 2005 qui est censée protéger de l’expulsion les enfants scolarisés de sans-papiers, et de fait leurs parents, et les jeunes majeurs scolarisés dans la même situation, se transformera en ouverture de la chasse à l’homme... étranger.

Certains préfets ont déjà pris de l’avance et expulsent femmes et enfants avant la fin juin, comme cette jeune Malienne, Mariam Sylla, mariée très jeune, victime de violences conjugales (elle en est devenue quasi sourde), expulsée d’Orléans en direction du Mali, avec ses deux enfants scolarisés, et malgré l’annulation par le tribunal administratif de l’arrêté de reconduite à la frontière dont elle faisait l’objet. La mobilisation et la médiatisation de son drame ont eu un écho favorable : le ministre de l’Intérieur demande que soit organisé son retour alors qu’il part lui-même en voyage diplomatique au... Mali ! Mais toutes et tous n’ont pas la même « chance » de calendrier !

La maltraitance dont sont victimes les femmes n’est pas prise en compte, le danger que courent les enfants non plus. Ici ou là on expulse un des deux parents, mère ou père, sans leurs enfants, et les jeunes majeurs scolarisés n’obtiennent trop souvent que des titres de séjour provisoires qui expirent pendant l’été.

Soutien, parrainage, protection

Le 1er juillet, la machine à expulser va s’emballer. Des canadairs sont déjà retenus pour remplacer les charters des compagnies privées trop remplis en période de vacances d’été.

Pour protéger les enfants - et leurs familles - le Réseau éducation sans frontières (RESF) a lancé l’appel « Nous les prenons sous notre protection » lors d’une conférence de presse, le 27 avril, à laquelle participaient notamment Dan Frank, Maurice Rajsfus, Nicole Borvo (PCF), Jack Lang (PS) (eh oui !...). Ce n’est pas une simple pétition : c’est un engagement.

« Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leur parents tombera. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, ils verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun, avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police. »

L’objectif est de soustraire en premier les enfants au risque d’expulsion en utilisant le large réseau qui s’est tissé depuis deux ans autour des écoles et en s’appuyant sur les textes ratifiés par la France qui stipulent qu’on ne peut pas séparer les parents de leurs enfants mineurs et donc expulser les uns sans les autres du territoire. Alors, par exemple, quoi de plus naturel que d’emmener en vacances le copain ou la copine de classe de son enfant ? Et s’il ou elle s’appelle Mohamed, Yong Zen ou Aïssata, et que ses parents n’ont aucun titre de séjour, ce sera le plus pur des hasards des amitiés enfantines !

L’appel a déjà recueilli, mi-mai, 22 000 signatures, mais ce n’est pas suffisant. Les « parrainages républicains » se multiplient, mais il en faut encore plus, et dans toutes les mairies. Les manifestations contre la réforme du CESEDA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) doivent encore prendre de l’ampleur pour faire barrage au raz-de-marée qui risque de nous engloutir.

Chloée (AL 93)


Pour information

consulter le site du réseau Education sans frontière où l’on trouve :
- l’appel à signer en ligne ;
- une brochure juridique réalisée par la Cimade, le Gisti, le LDH et le Mrap pour RESF à télécharger gratuitement ;
- l’affichette « la chasse à l’enfant est ouverte » ;
- les coordonnées, dans toute la France, (y compris Mayotte) de la cinquantaine de collectifs locaux RESF.

Courrier électronique : educsansfrontieres@free.fr

Adresse postale : RESF c/o EDMP 8, impasse Crozatier 75012 Paris

 
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