communiqué AL

A Bure comme ailleurs, dire non au péril nucléaire

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Alternative libertaire dénonce le coup de force du ministère de l’Intérieur contre les militantes et les militants opposés à la création de la « poubelle nucléaire » géante de Bure, dans la Meuse.

Comme cela devient la norme dans la France de Macron, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé par tweet ce jeudi 22 mars 2018 l’expulsion des occupantes et des occupants du bois Lejuc à Bure (Meuse). À 11 heures, c’est la Maison de la résistance qui a été envahie, en toute illégalité. Les 500 gendarmes prévus ont lancé l’opération ce matin vers 6 heures. Celle-ci était encore en cours cet après midi. Plusieurs militantes et militants ont été placé.es en garde à vue, les voies ont été dégagées, des barrages filtrants ont été établis pour éviter toute arrivée de renforts.



Depuis les perquisitions sur différents lieux en septembre, l’État a clairement décidé d’adresser un signal autoritaire et violent en choisissant le passage en force. Le gouvernement a également déclaré, qu’aucune nouvelle "zone à défendre" ne perdurerait après les 50 années de celle de Notre-Dame-des-Landes, "grand projet inutile" emblématique abandonné début février.

Les rodomontades du gouvernement sur "l’état de droit" ne sont même pas fondées. L’Andra, qui gère la construction de la poubelle nucléaire de Bure, a été condamnée pour travaux illégaux dans le bois Lejuc ; l’agence ne disposait même pas de permis de construire !Les opposant.es ont légitimement occupé et démonté un mur que l’agence construisait autour de nouveaux chantiers afin d’en interdire l’accès. Et plusieurs recours juridiques sont encore en cours. L’Andra avance en force en passant outre le droit, et l’État soutient son écurie nucléaire.

Tout va bien M. le ministre ? Le macronisme, ça paye ?

Alternative libertaire condamne sans appel ce recours à la violence d’État et soutient la lutte en cours à Bure. Le projet de Notre-Dame-des-Landes est tombé, d’autres tomberont. Nous ne pouvons accepter ni le péril que l’industrie nucléaire fait courir à la société, ni la colonisation de territoires dans des buts capitalistes.



Résister partout

Le 20 septembre 2017, lors de la perquisition sur les différents lieux de vie à Bure, des dizaines de rassemblements avaient fleuri partout en France. Des comités de lutte s’étaient créés dans la foulée. Nous devons maintenant continuer de nous organiser sur place et partout en France. Plus que jamais Bure à besoin de nous, doit être partout, faire partie de nous, nous devons être des milliers à nous lever contre l’horreur nucléaire et l’atomisation qu’on nous prépare, et agir pour en finir.

Comme l’écrivaient Gaspard d’Allens et Andrea Fuori l’an passé : « Ce qui se joue ici est essentiel. S’opposer à Cigéo, c’est refuser de devenir cogestionnaires du désastre atomique. C’est un non clair et déterminé envoyé à l’oligarchie nucléaire qui tente de nous rendre responsables de ses nuisances. Ces déchets ne sont pas les nôtres. Nous n’avons pas eu voix au chapitre, la politique énergétique française nous a été imposée dans la violence et l’autoritarisme. » [1]

Alternative libertaire, le 22 février 2018

[1Gaspard d’Allens et Andrea Fuori, Bure, la bataille du nucléaire, Seuil, 2017.

 
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