A Contre-Courant : Allons enfants de la Patri..i..i..e

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduit l’édito de la revue alsacienne À Contre Courant, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex.


L’auront-ils assez beuglé cette première strophe de La Marseillaise, tout en se drapant de bleu-blanc-rouge ! Qui ? Mais les principaux concurrents dans la course présidentielle, pardi, les Sarkozy, Royal et Bayrou, surtout les deux premiers d’entre eux d’ailleurs.

Que peut signifier cette débauche de symboles nationaux sinon nationalistes ? Essentiellement leur cynisme. Car ils n’y croient pas (plus) une seule seconde à la nation, à la communauté nationale, à l’intérêt national, tous ces défenseurs de la “mondialisation” néolibérale qui n’hésitent pas à sacrifier les salaires, les emplois, les situations sociales, le présent et l’avenir des populations vivant en France aux exigences de la valorisation des entreprises transnationales en termes de délocalisation ou d’attractivité, avec ce qu’elles impliquent de dumping social, fiscal et écologique. C’est au contraire pour masquer leur abdication de toute volonté politique d’ériger l’État en bouclier contre les coups de massue que le capital inflige au monde salarial, leur renoncement à toute tentative de s’appuyer sur l’État national pour freiner et réguler un tant soit peu le nomadisme du capital, que ces patriotes en peau de lapin agitent les oripeaux de la défunte communauté nationale. Du moins pendant ce temps-là n’ont-ils pas à s’expliquer sur leur réel programme politique, qui consistera à démanteler dans les prochaines années ce qui reste des quelquefois anciennes conquêtes démocratique et sociales obtenues dans le cadre de l’Etat-nation par les luttes populaires.

Mais l’effet le plus certain de leur pose cocardière risque bien d’être, une nouvelle fois, de légitimer le discours, bien plus conséquent dans ce registre, du … quatrième homme, celui que personne n’attend plus et qui pourrait bien venir, derechef, bouleverser leurs petits calculs politiciens. Car, s’il est vrai qu’on finit toujours par préférer l’original à la copie, alors tout ce petit monde est en train de rouler pour le champion toutes catégories de la cause nationale sur le mode nationaliste et xénophobe qu’est Le Pen. On comprend aussi alors qu’il puisse se contenter d’une campagne a minima, lui qui engrange les bénéfices des campagnes de ses rivaux, venant chasser sur ses propres terrains idéologiques et conforter du même coup ses propres thèses. Deux au moins parmi ces trois larrons risquent bien au soir du 22 avril de découvrir, mais un peu tard, qu’à force d’entonner la Marseillaise, ils lui auront permis d’être une nouvelle fois présent au second tour… en leur répliquant par un “Maréchal, nous voilà !” en guise de pied de nez !

 
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