Afrique du Sud : Zabalaza : là où la lutte est cruelle

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L’action des camarades communistes libertaires du ZACF d’Afrique du Sud déborde leurs seules frontières et rayonne dans toute l’Afrique australe – Zimbabwe, Mozambique, Namibie…

Créé en 2007 à partir d’une fédération communiste libertaire antérieure, le Zabalaza Anarchist Communist Front (ZACF) [1] est composé de militants noirs et blancs issus majoritairement du monde ouvrier. Au plan théorique, l’organisation cite volontiers Makhno, Malatesta et Archinov et met à son vaste programme la justice sociale, la lutte contre la xénophobie qui pourrit la société sud-africaine vingt ans après la fin de l’apartheid, et de nouvelles formes de colonisation de la population par une bourgeoisie désormais autant blanche que noire !

L’un des chantiers de lutte les plus emblématiques du pays est celui des privatisations. Depuis 1996 le ZACF combat pied à pied le plan cadre GEAR (Growth, Employment And Redistribution) qui régit ces initiatives. Exemple : diviser par trois le financement public des universités en dix ans, pour les « aider » à se transformer en « universités du marché et du profit » [2]. Cette politique « soutenue par la classe dirigeante et renforcée par l’AGCS et par l’Organisation mondiale du commerce » [3], permet à la faculté Witwatersrand de Johannesburg de licencier un quart de son personnel soit 600 employé-e-s.

Flamme noire

Dans ce pays, le plus industrialisé du continent, dont 90 % de la population est formée de salarié-e-s, 80 % des richesses sont aux mains de moins de 10 % de la population.

L’actuel président Sud africain Jacob Zuma poursuit la vente à l’encan du pays aux opérateurs privés. L’engagement du ZACF contre la forme la plus cruelle du capitalisme africain se réalise au quotidien par une présence sur tous les fronts des luttes : syndical, social, école, laïcité, critique politique continue et de qualité.

Persuadée que « l’éducation est la clé de la liberté », l’organisation fait un travail éditorial et de diffusion en profondeur, pour élever le niveau de réception aux idées radicales et libertaires. À ce titre, la publication récente du livre Black Flame [4] par deux militants du ZACF, éclaire plus particulièrement l’histoire des approches anarchistes du Sud : Afrique, Caraïbes, Amérique du Sud… et ses particularités.

Cuervo (AL 95)

http://www.zabalaza.net

[1Zabalaza signifie « lutte » en zoulou et xhosa.

[2Lucien van der Walt « Résister à l’université bourgeoise » article paru en français sur Anarkismo.net le 6 mars 2008

[3L’Accord général sur le commerce des services (AGCS) a été lancé en 2000 dans le cadre de l’OMC.

[4Michael Schmidt et Lucien van der Walt, Black Flame : The Revolutionary Class Politics of Anarchism and Syndicalism, CounterPower Vol. I, AK Press, 2009.

 
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