syndicalisme

Air France : Eh oui ! Dans lutte des classes, il y a « lutte »

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« Nos vertueux éditorialistes, nos si prudes "responsables" politiques préfèrent s’horrifier du retour de manivelle qui a coûté leurs frusques à deux hauts dirigeants d’Air France. Mais dans "lutte de classe", messieurs les dominants, il y a "lutte". Et si la colère déborde, il ne faut pas beaucoup creuser pour lui trouver de bonnes raisons. »

« Un drame national », « un scandale », « des violences inqualifiables qui doivent entrainer des poursuites »… Oui, oui, on parle bien de deux chemises.

Ce dont on ne parle pas, ce sont des presque 3.000 suppressions d’emplois (dont 1.700 au sol) dans une boîte où déjà 8.000 ont disparu depuis deux ans [1]. On ne parle pas non plus de la remise en cause de l’interdiction du travail des enfants par le PDG d’Air France en 2014 [2]. Non, non. Deux chemises. On ne parle pas non plus des 541 salarié.e.s morts au travail en 2013 [3]. Ni des amputés et des morts de la violence policière. Non, non.

Nos vertueux éditorialistes, nos si prudes « responsables » politiques préfèrent s’horrifier du retour de manivelle qui a coûté leurs frusques à deux hauts dirigeants d’Air France. Mais dans « lutte de classe », messieurs les dominants, il y a « lutte ». Et si la colère déborde, il ne faut pas beaucoup creuser pour lui trouver de bonnes raisons.

L’indécence, elle est dans les concerts de dénonciation des « violences ». La palme revenant bien sûr aux syndicalistes qui pensent qu’il faut absolument parler comme les patrons et les ministres [4]. Faut-il rappeler le nombre de fois où les grévistes des tarmacs de Roissy et d’Orly ont été évacués à coup de tonfas par les « forces de l’ordre » ? C’est quoi la violence déjà ?

Violence légale
La police charge les grévistes de Roissy, le 20 octobre 2010.

Parce que dans « lutte de classe » il y a aussi « classe ». Et pour l’heure, sauf erreur de notre part, la classe qui a le monopole de la violence légale, c’est celle qu’incarne la direction d’Air France. Les images qui ont fuité de la réunion du CCE nous les montrent plein de morgue et de mépris, foulant aux pieds les vies des milliers de salarié.e.s qu’ils s’apprêtent à livrer au chômage.

Non, le prolétariat des pistes et des soutes n’a pas disparu, il existe bel et bien. S’il faut deux chemises pour le rappeler, ce n’est pas cher payé.

Théo Rival (AL Orléans)


Xavier Mathieu, ex-travailleur et syndicaliste CGT de Continental-Clairvoix, à propos d’Air France, le 12 octobre 2015, sur le plateau du Grand Journal : une leçon de dignité ouvrière.


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[2Sur Francetvinfo.fr, le 18 mars 2015

[3Sur le site de l’INRS.

[4Ils sont vertement traités sur le blog des communistes libertaires de la CGT.

 
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