Alcatel : une dynamique contrastée

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Le 9 février, alors qu’Alcatel-Lucent a engrangé des bénéfices record (155 millions d’euros au 3e trimestre 2006), la direction a annoncé la suppression de 12 500 emplois en Europe dont 1 335 en France et 218 (25 % des effectifs) dans l’ouest. Motif : il faut économiser sur les coûts de main-d’œuvre pour plaire aux actionnaires.

Les salarié-e-s de la région Ouest (80 % d’ingénieur-e-s en haute technologie) pratiquent un mouvement de grève discontinu : deux heures de débrayage avec actions symboliques, plus une journée de grève et de manifestation par semaine. Les syndicats CGT, FO et CFDT ont mis en place une dynamique de solidarité locale avec appel à la grève interpro en jonction avec Airbus, et appel à la solidarité européenne au sein d’Alcatel-Lucent concrétisée avec une journée d’action le 15 mars. Les revendications unitaires s’axent autour du maintien des postes et des sites visés par le plan social. Pour le reste, les approches sont contrastées.

D’un côté, un pôle de salarié-e-s assez revendicatif, emmené par la CGT, qui, dès la fusion entre Alcatel et Lucent en décembre, avait tenté de mobiliser contre le plan social qui en résulterait, en déconstruisant la stratégie patronale et en dénonçant les hausses de salaires des cadres dirigeants. De l’autre, un ensemble CFTC-CGC-CFDT qui se manifeste sur une logique assez corporatiste (“ Non à la fuite des matières grises ”). Ainsi un tract du 2 mars s’étonnait qu’une entreprise de haute technologie licencie des ingénieur-e-s, perçu-e-s comme des partenaires privilégié-e-s du patronat et des gouvernements.

Ce contraste se retrouve au niveau des solidarités interpro. Quand les premiers, avec la CGT, poussent à la jonction des luttes entre Alcatel et Airbus, les autres renâclent sur le mode : “ Airbus peut nous faire de l’ombre. ” La préférence va alors à l’envoi de délégations auprès des élus locaux…

Sophie et Gaëlle (AL Nantes)

 
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