Allemagne : Le SVU veut renouveler la gauche libertaire

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Dans un contexte militant délicat, un groupe communiste libertaire veut développer une nouvelle politique révolutionnaire.

En Allemagne, l’extrême gauche est dominée par la mouvance « autonome », dont une ligne d’action est fondée sur la perpétuation d’une contre culture (squat, musique, black block, alimentation, style vestimentaire, etc.). Jusqu’ici, la seule organisation rouge et noire digne de ce nom était la Freie Arbeiter Union Deutschlands (FAUD), une structure anarcho-syndicaliste. Depuis quelques mois existe également un groupe à Berlin qui s’inscrit dans le réseau communiste libertaire relié par le portail internet anarkismo.net. Son nom : Solidarität Von Unten (SVU). Formé d’une dizaine de militantes et militants, pour certains immigrés d’Espagne, d’Afrique du Sud et de France entre autre, SVU vut développer une politique révolutionnaire en Allemagne.

Le contexte n’est pas facile. Contrairement au pays latins, où une partie du mouvement syndical d’une certaine radicalité « de masse » peut exister, en Allemagne, le syndicalisme est de façon monolithique social-démocrate, ce qui tue toute velléité d’auto-organisation des travailleurs et des travailleuses. Du coup, pour de nombreux et nombreuses jeunes révoltés, être anticapitaliste revient à « vivre autrement », en marge de la société. Jusqu’à la naissance il y a quelques années de Die Linke (l’équivalent du parti de gauche de Mélenchon), il n’existait à la gauche du parti social-démocrate que quelques chapelles trotskistes, des milliers d’autonomes… et la FAUD.

Malgré tout, SVU est acquis à l’idée de convergence des luttes et de front anticapitaliste. Mais, composer avec les forces en présence n’a rien d’évident, tant Die Linke est polarisé par les questions électorales et la mouvance autonome est étrangère à toute idée d’organisation pérenne, dans laquelle elle voit une preuve flagrante de réformisme rédhibitoire !

L’intervention politique en direction des luttes salariales n’est pas non plus très aisée. En effet, elles ne prennent jamais une tournure interprofessionnelle, si symbolique soit-elle. La centrale syndicale unique, la DGB, prônant un syndicalisme de services qui ferait passer la CFDT pour de dangereux gauchistes ! Néanmoins, c’est peu connu, mais il existe des réseaux de militantes et de militants syndicalistes révolutionnaires au sein de la DGB, présents dans plusieurs secteurs (automobile, chimie, enseignement, rail, municipaux de Berlin…). Ces militants rencontrent régulièrement, en France, au niveau syndical, Sud et,au niveau politique, AL.

Le contre-sommet de l’Otan à Strasbourg a été l’occasion d’une première rencontre entre SVU et AL.

Pour l’instant, SVU est amené à agir de deux façons : travailler en lien avec les réseaux syndicalistes révolutionnaires et se concentrer sur des collectifs de lutte décidés à porter des revendications précises.

Sophie (AL Nantes)

http://www.solivonunten.org/

 
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