Appel de syndicalistes : De l’unité des syndicalistes de classe

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Après un premier appel de syndicalistes lancé à la veille du 23 septembre (voir AL n° 199), le 8 octobre, un second appel réunissant 450 syndicalistes voyait le jour. Le point sur ces appels.

Le premier appel, « Syndicalistes pour la grève générale » a réuni plus de 800 signatures en ligne sur son site [1], majoritairement de SUD/Solidaires mais comportant un nombre significatif de signataires CGT et FSU, et rassemblant par ailleurs les signatures de syndicalistes indépendantistes de Corse, du Pays Basque, de la Martinique et de la Guadeloupe (CDMT, CTU, LAB, STC, SPEG).

Cet appel à construire la grève générale a pu servir de base aux convergences entre grévistes pour créer des collectifs, comme celui de Tours, « Ensemble pour le retrait », ou impulser dans certaines localités les assemblées générales interprofessionnelles, une dimension importante et partie intégrante du mouvement sur les retraites. En Seine-Maritime, les militants syndicaux se retrouvant dans le texte de l’appel ont créé un site local (voir p. 4) qui recense toutes les initiatives des grévistes et relaient l’information en temps réel de l’état des luttes au Havre et à Rouen (où ont été produits des bulletins interprofessionnels, le premier étant Havre de grève – 12 numéros au 27 octobre).

Mais cet appel ne faisait pas encore suffisamment le « plein » pour enclencher une véritable dynamique unitaire, à la base, favorisant les convergences pour la constitution d’un réseau syndical de lutte, chose qu’ambitionnait pourtant également le texte qui appelait à « rassembler, coordonner, les nombreux collectifs syndicaux de lutte ».

L’appel des 450

C’est partant de ce constat qu’est né l’appel des 450. Publié le 8 octobre, recentré sur la nécessité de construire la grève reconductible, il enregistrait le ralliement dès le départ de militants FSU de la tendance Ecole émancipée (EE) et de syndicalistes CGT en nombre plus important. L’appel des 450 se termine par ces mots : « Syndicalistes CGT, SOLIDAIRES, FSU, FO, CFDT, CNT, CDMT, CTU, LAB, STC, nous mettons tout en œuvre pour que, dès maintenant, se développe un mouvement interprofessionnel d’ampleur dans tout le pays : la grève générale, reconductible, le blocage de l’économie par celles et ceux qui la font tourner mais n’en profitent pas, sont à l’ordre du jour ».

Là encore s’exprime clairement la volonté de marquer un camp, celui du syndicalisme de lutte de classe. Sur le site internet mis en place [2] c’est plus de 1000 signatures qui sont enregistrées en quelques jours. Ce succès s’explique sans doute par la période. En effet à la veille de la journée de grève du 12 octobre plusieurs appels nationaux unitaires à la reconduction de la grève (notamment des fédérations CGT et SUD) avaient été lancés : dans la Chimie, à la SNCF, la RATP… Ce qui rendait la perspective d’une reconduction et d’une généralisation de la grève plus brûlante encore qu’au 23 septembre.

La question de l’unité

Mais en étant plus conjoncturel ce second appel décidait de ne pas mettre en avant la dimension de mise en réseau des syndicalistes de lutte par delà les appartenances syndicales.

Pour autant la nécessité d’un travail unitaire était rendue par la simple volonté commune de lancer ce type d’appel, d’engager son nom aux côtés de ceux d’autres camarades membres d’autres organisations syndicales. Il est difficile de faire un bilan « objectif » du poids de ces appels de syndicalistes. La presse ne les ayant pas mentionnés (à l’exception de Politis pour le premier) ils ont essentiellement circulé parmi les militants et les organisations syndicales.

Reste qu’ils ont posé une question centrale pour tous les syndicalistes de lutte : comment agir ensemble pour emporter des victoires sociales qui redonnent confiance dans la capacité du syndicalisme à changer la société.

Théo Rival (AL Orléans)

[1Voir : syndicalistesunitaires.org

[2Voir : appel.des.450.syndicalistes.over-blog.org

 
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