Autoroute : GCO, suspension d’un chantier clé

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Le grand contournement ouest de Strasbourg a subit un revers juridique paralysant : le tribunal administratif a suspendu la réalisation d’un échangeur indispensable à cette autoroute inutile.

Sur le chantier du grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, alors que depuis le mardi 20 novembre les grévistes de la faim, confronté.es à une dégradation de la santé de certains d’entre eux, avaient mis fin à leur action commencée un mois plus tôt, [1] une décision judiciaire est venue bouleverser la situation  : «  Par ordonnance rendue ce jour, le tribunal administratif de Strasbourg suspend l’arrêté préfectoral dérogatoire permettant à la Sanef de détruire les espèces protégées pour construire la bretelle d’accès nord. Les travaux ne pourront pas reprendre avant que le jugement de fond ne soit intervenu.  » [2]

Rappelons que derrière les pseudo- arguments «  écologiques  » pour justifier le projet, «  la seule certitude que peut donner le renforcement des réseaux routiers, c’est qu’on trouvera du travail… plus loin  ; qu’on sera obligé de posséder une bagnole pour ça  ». [3] En plein mouvement des gilets jaunes, cette décision judiciaire prend une coloration particulière.

Cette décision va avoir un impact immédiat et important sur les travaux en cours. Sans échangeur, le GCO n’a plus aucun sens. Sauf rebondissement rapide les déboisements ne devraient donc pas se dérouler durant l’hiver 2018-2019. Les délais pour un nouvel examen du recours sur le fond par le tribunal strasbourgeois sont de l’ordre de plusieurs mois, voire davantage. Le calendrier table désormais sur une décision à la mi-2021.

La mobilisation ne doit pas se relâcher

Mais la suspension reste fragile. Dans leur décision, les magistrats reprochent au préfet d’affirmer que «  la raison impérative d’intérêt public majeur  » est notamment justifiée par les mesures de compensation. Or l’intérêt général doit, selon le Code de l’environnement, pouvoir s’apprécier sans

ces mesures. Mais ils n’ont pas indiqué, à la différence d’un autre jugement, en septembre, que la situation est «  aisément régularisable  ». Toutefois, sur le terrain, la Sanef n’a plus entrepris de travaux une fois que le référé a été déposé le 26 octobre, après quelques face-à-face avec des opposant.es.

La décision de justice vient conforter une mobilisation qui n’a jamais cessé   : pour Michael Kugler, un des animateurs du collectif GCO Non merci, «  la décision nous donne raison dans le sens où on n’est pas allé s’opposer tout les matins pour rien  ». [4] Sur le terrain, plusieurs actions dispersées continuent, notamment des plantations de végétaux là où les terrassements ont été entamés.

Commission écologie d’AL

[2Communiqué du 23 novembre 2018 d’Alsace Nature

[3Alternative libertaire de mai 2017.

[4Reporterre, 24 novembre 2018.

 
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