Avtonom Devstie : L’anarchisme russe contre vents et marées

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Dans des circonstances politiques et sociales très dures, l’organisation communiste libertaire Avtonom Devstie (AD) continue le combat. Cet été, elle tenait son VIIIe congrès, dans un lieu tenu secret de l’Oural.

Près d’une cinquantaine de délégué-e-s représentant une douzaine de sections locales – dont une à Minsk (Biélorussie) se sont retrouvé-e-s en août pour le VIIIe congrès d’Avtonom Devstie (AD, « Action autonome »), l’organisation-sœur d’AL en Russie. Vu le climat de terreur politique entretenu aussi bien par les nervis poutiniens que par les bandes fascistes qui pullulent en Russie, la discrétion était de rigueur. Le réseau communiste libertaire international, Anarkismo, avait délégué une militante britannique pour suivre les travaux de nos camarades.

L’un des thèmes centraux de l’activité d’AD est justement l’antifascisme. L’extrême droite constitue en Russie une menace très sérieuse contre les migrants et les migrantes, mais aussi contre les militants et militantes d’extrême gauche, dont plusieurs ont été assassinés ces dernières années, parmi lesquels deux membres d’AD : Ilya Borodaenko et Anastasia Baburova.

Mais le pouvoir d’État, parfois lié à l’extrême droite, s’attaque également aux anarchistes, et plus généralement à toute espèce de contestation. Le mouvement anarchiste compte plusieurs prisonniers politiques, et de nombreux groupes sont l’objet d’un véritable harcèlement de la part du « Centre de prévention de l’extrémisme », une officine policière chargée de la lutte contre l’extrême gauche. Face à cela, les camarades d’AD s’efforcent de bâtir la solidarité contre la répression en s’auto-organisant au sein de la Croix noire anarchiste, une association dont les activités vont de la collecte de fonds pour les frais d’avocats à la diffusion d’information sur les prisonniers politiques, en passant par la formation des militantes et des militants à leurs droits face à la police.

Au-delà de la survie

Même si ces activités d’autodéfense s’apparentent souvent à une pure et simple lutte pour la survie, elles accaparent une bonne partie de l’énergie de nos camarades. AD parvient néanmoins à développer une activité propagandiste. Elle cherche à organiser les travailleurs et les travailleuses aussi bien que les étudiants et des étudiantes, mène des campagnes pacifistes, écologistes ou de lutte contre la pauvreté, avec des actions contre le prix élevé des transports publics. Enfin, dans ce pays très conservateur, certains groupes sont très investis dans la défense des droits LGBT, ajoutant par là même à la liste de leurs ennemis jurés la très puissante Église orthodoxe russe.

On ne peut que saluer le courage de ces camarades qui s’efforcent de faire vivre le communisme libertaire contre vents et marées, parfois au péril de leurs vies.

Vincent Nakash (AL Paris-Sud), d’après le compte-rendu d’Ellenor Hutson (L&S, Grande-Bretagne)

 
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