Bolkestein : La libéralisation des services est en marche... nous aussi !

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Après avoir été mise entre parenthèses quelques temps pour ne pas interférer avec le traité constitutionnel européen, la fameuse directive Bolkestein est revenue au Parlement européen le 14 février 2006. Face à cette logique de mise en concurrence des travailleurs, de dumping social, qui est la raison d’être de l’Union européenne, les travailleur(e)s doivent réagir.

Le samedi 11 février, près de 10 000 personnes se sont rassemblées à Strasbourg à l’appel d’organisations françaises et allemandes pour dénoncer la directive Bolkestein et la politique de dumping social. La forte présence d’Attac (France et Allemagne), du PCF, de la LCR et de leurs responsables, masquait mal l’absence des syndicats, puisque, parmi eux, seul Solidaires avait appelé à cette manifestation. Le mot d’ordre de « retrait de la directive Bolkestein » semblait trop radical aux autres syndicats, regroupés dans la Confédération européenne des syndicats (CES), dont il faut rappeler les forts liens (financiers entre autres) entretenus avec les dirigeants européens. La CES appelait donc à une autre mobilisation le mardi 14 février, jour prévu pour le débat sur cette directive, en demandant simplement un aménagement de cette directive et le retrait du principe du pays d’origine, qui permettait de faire travailler une personne n’importe où dans l’UE selon les lois, règles, salaires de son pays d’origine. 50 000 personnes dans la rue ce jour-là, essentiellement françaises et allemandes, même si la faible présence de Belges (dont certains dockers) ou de Slovènes, a été remarquée.

Malgré les consignes de la CES, les slogans de certains cortèges étaient plus tournés vers le CPE/CNE ou la politique antisociale de l’UE que vers la seule directive Bolkestein. À force de vouloir instrumentaliser les salarié(e)s et leurs craintes justifiées d’une Europe au service des patrons, la CES oublie que ces travailleur(se)s subissent de plein fouet ces politiques libérales et qu’ils ont plus d’une raison de descendre dans la rue.

Plus d’une raison de descendre dans la rue

Les socialistes européens, à l’exception des français, ont fini par voter cette directive après l’abandon du principe du pays d’origine. La pilule passe mieux ainsi, quand on se prétend de gauche, et cela permet de calmer la foule... Mais l’essentiel reste que la libéralisation des services, y compris de la plupart des services publics, est acquise. Cette directive prépare une nouvelle volée de privatisations, de mises en concurrence... même si elles devront, pour l’instant, appliquer les lois sociales de leur pays d’accueil... lesquelles lois sont de toute façon en cours de destruction, sous les coups des gouvernements de chaque pays. La CES se félicitait « que les parlementaires ont réussi à trouver un compromis qui permet d’ouvrir les marchés des services, tout en sauvegardant le modèle social européen » (John Monks, secrétaire général de la CES, 16-02-2006), sans dire un mot des milliers de personnes qui ont manifesté, ni des étudiant(e)s et lycéen(e)s du collectif Stop CPE qui ont été refoulé(e)s à la fin du cortège.

AL Strasbourg

 
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