Bondy : Des papiers, pas des tractopelles !

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À Bondy (Seine-Saint-Denis), les 148 locataires d’un marchand de sommeil luttent pour des papiers et un logement décent : un exemple d’auto-organisation.

Une chambre de 10 m2 pour plus de 500 euros par mois ? C’est à Bondy, en Seine-Saint-Denis. La clinique de la rue Michelet y a fermé ses portes en 2001, et le propriétaire a reconverti les lieux en logements qu’il n’entretient pas et qui, faute de travaux, se dégradent. La majorité des 148 locataires sont sans papiers.

Aujourd’hui, des procédures judiciaires sont en cours pour fermer et vider la clinique, sans tenir compte de la situation particulière des résidentes et des résidents, menacé-e-s de perdre leur toit. Sans papiers, il leur est impossible de compter sur les circuits de logement « normaux ». Pourtant, ils et elles travaillent, paient des impôts, ont des baux et des quittances de loyer, ont des enfants scolarisé-e-s. À tout cela s’ajoute le harcèlement policier, malheureusement de plus en plus banal.

Élargir les soutiens

Face à cette situation, les locataires se sont auto-organisé-e-s en créant l’Association des résidents de Michelet à Bondy (ARMB), et ont pris contact avec les associations, syndicats ou organisations politiques susceptibles de les soutenir.

En septembre, les locataires ont reçu le soutien d’un collectif allant d’Alternative libertaire au PS en passant par la Coordination des groupes anarchistes (CGA), la Gauche alternative unitaire (GAU), le PCF, les Verts, mais aussi RESF, la FCPE, la CGT…

Depuis la constitution de ce soutien, la mairie s’est montrée subitement plus coopérative. Lors d’une rencontre avec les locataires, le maire Gilbert Roger les a publiquement assuré-e-s de son soutien et s’est engagé à soutenir les dossiers de régularisation auprès de la préfecture. Pourtant, la brutalité avec laquelle la mairie a géré le sort de familles bulgares il y a quelques mois pousse à rester extrêmement vigilant.

Régularisation d’abord

La régularisation est « la » priorité pour les soutiens, les résidentes et les résidents. Grâce au travail de RESF, les dossiers devraient bientôt être finalisés. La pétition a recueilli plusieurs centaines de signatures. Une journée portes ouvertes, le 11 novembre, a permis de populariser la lutte. Malgré la tentation de certains soutiens de déléguer le règlement de la situation à la mairie, c’est bien l’auto-organisation des résidentes et des résidents qui prévaut. Ils et elles savent que seul le rapport de force leur permettra d’obtenir gain de cause.

Cette lutte illustre parfaitement l’engrenage des précarités : sans-papiers, pas de logement ; sans adresse, pas de travail ; sans travail, pas de régularisation. Certains gagnent énormément d’argent sur le dos des immigré-e-s. Cette lutte mêlant les libertés de circulation et d’installation et la question du logement est exemplaire.

Laurent Scapin et XG (AL 93)

• Plus d’infos sur le blog des communistes libertaires du 93 : http://libertaires93.over-blog.com

 
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