CGT : Les enjeux de l’après congrès fédéral

Version imprimable de cet article Version imprimable


Le dernier congrès de la CGT a marqué de manière plus affirmé une volonté de revenir à un syndicalisme de lutte, revendicatif, en rupture avec la complaisance de la direction actuelle. Il faut accompagner ce mouvement et l’aider à s’amplifier en profitant des prochaines échéances sociales.

Une orientation syndicale résolument de lutte de classe est apparue au grand jour autour de la candidature symbolique de Jean-Pierre Delannoy au poste de secrétaire générale de la CGT. Lors de son dernier congrès confédéral, la CGT a fait ressortir cette tendance portée par une partie de syndicats et militants, qui pose une alternative à l’orientation d’accommodement au capitalisme de l’actuelle direction confédérale.

Dépasser le rassemblement purement conjoncturel

Elle ouvre sans doute de nouvelles perspectives pour toutes celles et tous ceux au sein de la CGT et en dehors qui veulent se doter d’une stratégie et de revendications capables de mettre en échec la politique du gouvernement et du Medef.

Ce rassemblement conjoncturel et ponctuel doit trouver rapidement des suites, d’une part en termes de formalisation d’une alternative syndicale de luttes dans la CGT, et d’autre part en termes de développement de luttes dans les entreprises et les services publics. Ces luttes doivent avoir pour objectif de faire converger ces revendications et de fédérer leurs mobilisations respectives en un mouvement de fond d’ensemble. Plusieurs des structures et militant-e-s CGT qui sont sortis du bois ces derniers mois conviennent que l’échéance du 50e congrès de la CGT dans trois ans formera le point d’orgue qui déterminera laquelle des deux orientations sera validée par la CGT. Il sera question de savoir de quel poids toutes celles et ceux qui ne renoncent pas à un syndicalisme anticapitaliste et de luttes pèseront dans la balance. Beaucoup tombent d’accord aussi pour penser qu’il faudra solder les comptes et tirer un bilan des trois années écoulées. En effet, beaucoup ont en mémoire ce qu’a vécu la gauche syndicale CFDT à partir du milieu des années 1970 et sa lente et inexorable marginalisation au sein de cette confédération, passée d’un syndicalisme de luttes et autogestionnaire, à un syndicalisme jaune de collaboration de classe.

Repasser à un syndicalisme de lutte des classes

C’est donc bien sur le terrain des luttes des travailleurs, des chômeurs et de la jeunesse que vont se jouer les futures lignes de force. C’est pourquoi il est déterminant de ne pas en rester aux paroles et discours propagandistes sur le syndicalisme de lutte de classe mais bien de le faire vivre en actes, dans les villes, les départements et au niveau des entreprises.

La prochaine réforme des retraites prévue après les élections régionales du mois de mars pourrait de ce point de vue constituer un premier test de la capacité de tous les syndicalistes de lutte à promouvoir une stratégie et des revendications capables d’entraîner une véritable mobilisation du monde du travail.

La question de la revendication unifiante doit se poser dès aujourd’hui, avec par exemple, la retraite à 60 ans à taux plein, intégrant 37,5 annuités pour celles et ceux qui en bénéficient encore. Ce qui n’est nullement contradictoire avec une retraite à taux plein à 55 ans pour les métiers pénibles (bâtiment, métallurgie, chimie, etc…).

Pour cela, les divers collectifs CGT oppositionnels apparus ces dernières années, comme les divers courants et sensibilités politiques anticapitalistes dans la CGT ne peuvent attendre l’arme au pied en commentant l’actualité sociale. Ils et elles doivent rapidement se fédérer et entamer un vrai travail de mobilisation sur des bases de classe.

Des communistes libertaires de la CGT

 
☰ Accès rapide
Retour en haut