Collectif national jeunes retraites : déborder la machine bureaucratique

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Créé fin avril 2010 à l’initiative de l’Unef, le collectif national jeunes retraites pouvait se flatter, lors de ses premières réunions, de regrouper un très large panel d’organisations. Parmi ceux qui n’ont, à présent, pas déserté le collectif se dessinent trois grandes tendances et donc trois stratégies évidemment contradictoires.

A l’origine le collectif national jeunes retraites regroupait des syndicats professionnels, des syndicats lycéens et étudiants, des mouvements et associations « progressistes » et des organisations politiques de jeunesse. Dès la signature de l’appel du collectif « la retraite, une affaire de jeunes ! » 1 et la rédaction des premiers tracts, l’UNSA et la CFDT se retirent tandis que la rentrée est marquée par une importante décantation des organisations participant aux réunions.

On peut désormais définir trois tendances principales : une tendance social-démocrate réformiste, représentée par le MJS et ses nombreux avatars ou alliés : JRG, UNEF, UNL, LMDE ; une tendance antilibérale, volontiers en désaccord avec l’UNEF mais toujours raisonnable ; et une tendance anticapitaliste, qui tente de s’organiser pour donner à ce collectif une allure plus combative : ATTAC-Campus, Sud-Etudiant, NPA et AL. A ces trois tendances correspondent des stratégies diverses.

Promouvoir les collectifs locaux

La tendance social-démocrate, appuyée par les jeunes bureaucrates de la commission exécutive de la CGT, mise tout sur la visibilité du collectif, sur la distribution de matériel pédagogique aux collectifs locaux qu’elle ne veut surtout pas voir s’organiser de manière autonome et sur la participation aux manifestations. Ensuite la tendance « Front de Gauche » ne veut pas être à la remorque de l’intersyndicale, se refusant d’ailleurs à appeler à la grève, rue dans les brancards dès que l’UNEF se montre un peu trop directive mais reste déchirée entre la nécessité de compenser avec la tendance social-démocrate et des velléités d’indépendance politique. Enfin, les organisations de lutte essaient quant à elles de pousser à la création de collectifs locaux sur des bases plus combatives que l’appel national, et de développer une organisation horizontale de ces collectifs embryonnaires pour déborder la machine bureaucratique.

Rassembler les organisations combatives

Puisque les espaces de visibilité aménagés par le collectif – comme le meeting qui se tiendra le 1er octobre – font la part belle aux organisations de sensibilité réformiste et sociale-démocrate (l’UNEF parlera pour les étudiant-e-s, le MJS pour les socialistes, l’UNL pour les lycéen-ne-s et OLF pour les femmes !), nous devons donc concentrer nos efforts à développer du mouvement à sa base, en appelant à la constitution de collectifs, en nous organisant avec les organisations combatives non-représentées dans le collectif national (FSE, CNT, etc.), en appelant partout à des réunions d’information et des AG et en épaulant nos camarades des syndicats professionnels pour que la mobilisation nationale monte en pression et se poursuive jusqu’à la rentrée universitaire !

Benjamin (AL Paris Nord Est)

 
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