syndicalisme

Collèges en grève le 17 septembre, mais pour quoi faire ?

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Alors que le 11 juin la mobilisation contre la réforme du collège était en baisse, le rebond va nécessiter la mobilisation des équipes sur le terrain. Quelle stratégie adopter pour gagner ? Peut-être ne pas s’en tenir au chiffon rouge agité par le ministère mais mettre en avant des revendications concrètes et unifiantes.

Un large front d’organisations syndicales appelle à la grève contre la réforme du collège : SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, SFSDPEP-FO, CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SNALC-FGAF, SUNDEP Solidaires, SUD Education, SIES-FAEN, SNCL-FAEN CNGA CFE-CGC ont signé un texte commun appelant les personnels à se mobiliser.

Cela fait suite à deux premières journées de mobilisation en mai et juin dernier. Alors que la grève du 19 mai avait mobilisé la moitié des collègues de collège, la parole médiatique avait largement été confisquée par des enseignants de latin ou d’allemand défendant leur bout de gras et leurs classes qui servent depuis longtemps d’outils de sélection sociale.


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Mais l’éducation nationale n’a pas besoin de cela pour produire de l’inégalité et de la sélection. Le manque crucial de moyens et notamment de postes c’est cela qui se fait le plus sentir sur le terrain. Les classes sans profs en Seine-Saint-Denis en sont l’exemple le plus visible mais nombreux sont les élèves dans le secondaire à qui il manque des professeurs dans certaines matières à la rentrée ou dont leurs enseignant-e-s ne seront pas remplacé-e-s en cas d’absences.

Pourtant, les classes sont pleines à craquer et les volumes horaires parfois bien faibles. Le gouvernement peut bien parler de « mobilisation de la République pour l’école » mais fixer l’horaire d’EMC ne change rien quand on accorde entre 3 et 4h par semaine en CAP [1] pour faire le programme d’histoire, de géographie, de français et le fameux EMC sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.


Réforme du collège : Pourquoi il faut la refuser ? Extraits, diffusés sur Radio Dreyeckland Libre, de la conférence de presse donnée le mercredi 13 mai 2015 par des syndicalistes.


Des situations catastrophiques

Cette question centrale des moyens, c’est bien ce qui inquiète le plus même au sujet des aspects de la réforme les moins contestés : comment appliquer cela dans de bonnes conditions à moyens constants ou en baisse ?

Certes, la question est évoquée en entame du texte intersyndical, mais la seule revendication reste le retrait de la réforme. Cela est nécessaire. Mais ça ne réglera pas tout. Aujourd’hui, au delà du collège, c’est toute l’éducation nationale qui devrait se mobiliser car il y a urgence : nos conditions de travail se dégradent ainsi que celles de nos élèves et certaines zones sont sinistrées. La sortie des réseaux d’éducation prioritaire de nombre d’établissements et écoles ne va pas arranger la donne ! Et le recours massif aux emplois précaires n’aide pas ni à pérenniser les équipes, ni à fournir des conditions de travail acceptable aux collègues concerné-e-s qui subissent parfois les temps partiels imposés et se retrouvent corvéables à merci.

En grève le 17, et après ?

Alors que le 11 juin avait vu la mobilisation baisser significativement, il faut s’interroger sur la stratégie adoptée. Une grève le 17 avec à peine deux semaines pour la préparer et très près de la rentrée n’est pas une réussite assurée, surtout que la FSU pose déjà une manifestation nationale un week-end comme perspective.

Les syndicats de lutte, CGT éduc’action et Sud éducation ont raison d’appeler à la grève, car il y a urgence à agir. Mais le 17 septembre ne peut être vu que comme une étape de la construction d’un rapport de force plus large et une occasion de discuter avec les collègues, de libérer du temps pour tourner dans les établissements voisins. C’est probablement comme ça que les équipes syndicales de lutte Snes, Sud ou CGT conçoivent cette journée et sa préparation.

Il faudra en profiter pour mettre en débat dans les établissements et dans nos syndicats SUD, FSU ou CGT, la stratégie adoptée.

Est-ce qu’on fait grève par obligation, guidés par des intérêts de boutique ? Ou est-ce qu’on se donne les moyens (encore eux) de s’adresser largement à tous les salarié-e-s de l’éducation en fonction de leur quotidien et en proposant des plans d’action crédibles ?

Les militantes et militants d’AL du secteur éducatif

[1En BAC Pro et en CAP les horaires sont fixés sur les 3 ans (2 pour les CAP), lae de manœuvres aux chefs d’établissement à chaque rentrée. Cela n’est pas un mal si c’est décidé en équipe pédagogique, mais c’est rarement le cas, laissant le chef faire sa petite cuisine.

 
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