Cologne, pain bénit pour racistes

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Patriarcat ordinaire en Allemagne : des hommes ont agressé des femmes. D’autres hommes ont protesté : les étrangers viennent leur arracher leurs victimes des bras. Illustration concrète d’une instrumentalisation du féminisme à des fins racistes.

À Cologne, la nuit du jour de l’an, des centaines d’hommes ont agressé des centaines de femmes : beaucoup d’attouchements, beaucoup de vols, des viols aussi, les plaintes se sont accumulées dans les premiers jours de janvier. Les agresseurs sont de jeunes hommes, en majorité issus ­d’Afrique du Nord. On ne sait pas s’il y a eu concertation.

Pain bénit pour les racistes. Les migrants seraient incapables de s’adapter à nos normes sociales de respect des femmes. Remise en cause des politiques d’asile, expulsions plus faciles, postures martiales et propos virils, les politiques se sont précipités pour s’en prendre aux migrants.

De quoi s’agit-il en vrai ? Des hommes en groupe ont agressé des femmes isolées. Les migrants sont en majorité des hommes, jeunes et seuls : en 2014, 67 % des migrantes et migrants arrivé-e-s en Allemagne étaient des hommes ; selon les dernières statistiques du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), parmi les 487.000 réfugiés arrivés en Europe par le Bassin méditerranéen en 2015 figurent 66 % d’hommes, contre 13 % de femmes et 18 % d’enfants.

Indignation sélective

D’ici ou d’ailleurs, les hommes agressent les femmes. En particulier quand ils sont en groupe. Les militaires français violent en Afrique. Les étudiants de tous les pays dans les soirées arrosées. Les supporteurs de foot aussi. Les féministes allemandes organisent sur place un accueil des femmes victimes de violences sexuelles à la Fête de la bière à Munich. Une recherche Internet sur « viol collectif » nous emmène dans tous les pays, villes et quartiers... Quant au harcèlement de rue, paroles et gestes, plusieurs campagnes féministes récentes ont exposé sa réalité.

D’autres hommes (et quelques femmes) se sont répandus sur les valeurs d’égalité de nos sociétés, où les femmes sont tellement respectées. En France, 1 femme sur 10 a été ou sera violée, entre 50.000 et 75.000 femmes le sont chaque année ; 100% des femmes ont été victimes de harcèlement de rue. Et on n’entend pas tous ces hommes, qui devraient protester tous les jours, et même plusieurs fois par jour. Les politiques mâles harcèlent...

Une fois de plus, les violences faites aux femmes sont instrumentalisées au service du racisme.

Christine (AL Orne-Sarthe)

Photo : Attenzione-photo.com

 
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