politique

Contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité, le 10 et le 12 mars

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[carte interactive] Après le 29 janvier, et alors que se profile un vaste mouvement social portant la colère que cristallise le rejet de la « loi El Khomri », rendez-vous est donné le 12 mars pour porter le rejet de l’état d’urgence, du racisme d’état, et des prétextes impérialistes de l’état français. Un grand meeting se tiendra également à Paris le 10 mars.

La mobilisation du 30 janvier dernier contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité a été une incontestable réussite. Des manifestations ont été organisée partout à travers le pays. Le refus croissant au sein de la population du racisme d’état (d’urgence) ainsi que celui des imprécation guerrières et bellicistes doit nous convaincre de continuer le long travail d’information entamée contre la propagande du gouvernement et de la classe politique pour justifier l’inique et l’injustifiable.

Le 12 mars, il s’agit de continuer sur cette lancée, en revendiquant clairement :

  • La levée immédiate de l’état d’urgence et de l’état d’exception permanent
  • L’abandon de la constitutionnalisation de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité
  • L’arrêt de la répression et de la stigmatisation des manifestant-e-s et militant-e-s des mouvements sociaux, des migrant-e-s, des musulman-e-s ou supposé-e-s l’être, des quartiers populaires
  • Le respect de la liberté de manifester, de se réunir et de s’exprimer

Quelques jours avant le 12, le 9 mars, aura lieu une mobilisation sociale partie des bases syndicales et de la colère de centaines de milliers d’habitant.e.s du pays. A cette riposte qui commence, se couple le nécessaire rejet d’un régime d’exception permanent qui ne manquera pas d’être utilisé à plein régime par le pouvoir pour tenter d’enrayer les dynamiques populaires en construction. Le lendemain, un grand meeting contre l’état d’urgence se tiendra à Paris.


Carte des mobilisations du 12 mars

Nous vous invitons a consulter/compléter/diffuser cette carte et cet article pour aider à la mobilisation !

Voir en plein écran


PARIS

Jeudi 10 mars, 19 heures

Grand meeting, état d’urgence, loi El khomri, répression syndicale, tou-te-s attaqué-e-s, tou-te-s mobilisé-e-s !

université Paris 8 - Saint-Denis

Samedi 12 mars, 14 heures

Manifestation contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité

Place Saint-Michel

Le tract parisien, reprenant les 10 arguments.


10 arguments contre l’état d’urgence

1- L’état d’urgence est inutile

Depuis 1986, une vingtaine de lois antiterroristes ont été votées, la
plupart du temps en réaction à des attentats : en 1986, en 1996, après
le 11 septembre 2001, après les attentats de Madrid (2004) ou de Londres
(2005). Ces lois n’ont pas empêché que des attentats soient commis en
France, par contre elles ont multiplié les mesures d’exception et les
régimes particuliers...

2- L’état d’urgence frappe principalement les mouvements sociaux, les
quartiers populaires et les musulman-e-s

Depuis le 13 novembre 2015, des manifestations de mal logé-e-s, de
femmes, de réfugié-e-s, d’écologistes, de salarié-es ont été
interdites … des militant-e-s sont poursuivi-e-s pour avoir bravé
l’interdiction. Des militant-e-s des mouvements sociaux, des
musulman-e-s ou supposé-e-s l’être, des habitant-e-s de quartiers
populaires ont été assigné-e-s arbitrairement à résidence et/ou ont subi
des perquisitions violentes et des humiliations, sans lien avec le
terrorisme. L’Etat refuse réparation à certaines victimes collatérales
des attentats, comme les habitant-e-s de l’immeuble pris d’assaut par le
RAID à St Denis ou les victimes d’abus policiers.

3- La déchéance de la nationalité dans la constitution est une menace pour
3,7 millions de binationaux

Réclamée par l’extrême droite, cette mesure crée deux catégories de
citoyens alors que selon la constitution, les citoyens sont libres et
égaux en droit. Elle est d’autant plus grave qu’elle pourrait être
étendue ultérieurement à d’autres délits que le terrorisme.

4- L’état d’urgence et la déchéance sont inefficaces

D’après les statistiques officielles, les autorités ont procédé à 3 242
perquisitions entre le 14 novembre 2015 et le 29 janvier 2016. 4
perquisitions ont abouti à l’ouverture d’une enquête pénale pour une
infraction effectivement liée au terrorisme selon le droit français.
Quant à la déchéance de nationalité, tout le monde s’accorde pour dire
qu’elle n’arrêtera jamais un terroriste.

5- L’état d’urgence a été, est et sera toujours dangereux pour la démocratie

La loi sur l’état d’urgence a été votée en 1955, en pleine guerre
d’Algérie. C’est sous couvert de l’état d’urgence que, le 17 octobre
1961, le préfet Maurice Papon a fait assassiner des centaines
d’Algériens à Paris. Et c’est encore sous l’état d’urgence que, le 8
février 1962, le même Papon fait interdire une manifestation pour la
paix, ce qui conduira à l’assassinat par la police de 9 militants à
Charonne. Cette loi a été appliquée ensuite contre la révolte des
banlieues en 2005 par le Ministre de l’Intérieur Sarkozy. Depuis son
instauration le 13 novembre au soir, elle a servi contre les réfugié-e-s
et leurs soutiens, contre les féministes, les écologistes, les
musulmanes et musulmans (ou supposés tels), et des syndicalistes.
L’histoire nous montre que toutes les lois d’exception servent à durcir
le pouvoir et à réprimer la population. Si l’état d’urgence était
inscrit dans la constitution, un gouvernement autoritaire aurait les
mains libres pour frapper durement les opposant-e-s.

6- Avec l’état d’urgence, l’armée s’installe dans le paysage

Avec cet état d’exception sans fin (car le terrorisme est aussi sans
fin), l’Etat mobilise inutilement des dizaines de milliers de policiers
et de militaires, patrouillant des heures dans les rues uniquement pour
laisser croire à la population qu’elle est protégée. Ce climat de
militarisation durable de la société nourrit la peur de l’autre. La
sur-mobilisation des forces répressives réduit la capacité de faire face
au terrorisme que l’on prétend combattre.

7- L’arbitraire policier et étatique est renforcé, le contrôle du juge est
affaibli

C’est un acte de défiance à l’égard des juges qui font leur travail dans
des conditions précaires. C’est une grave erreur de limiter son contrôle
face aux attentats. Les lois existent, mais les moyens manquent, chaque
fait divers le démontre ! L’état d’urgence consacre ainsi à la fois la
marginalisation du juge et l’accroissement des atteintes aux libertés
sur des critères vastes et flous d’ordre public.

8- Le gouvernement crée un régime d’exception

Inscription de l’état d’urgence dans la constitution, prolongation de
l’état d’urgence jusqu’à l’adoption d’une nouvelle loi anti-terroriste
qui renforce les pouvoirs de la police : le gouvernement multiplie les
régressions démoratiques. Un complexe militaro-sécuritaro-numérique se
met en place, débouchant sur une société de contrainte et d’hyper
surveillance. La loi de renseignement et le renforcement du contrôle sur
Internet en sont l’illustration.

9- L’état d’urgence devient la règle

La loi sur le crime organisé et le terrorisme qui arrive en débat va
encore plus loin. Elle permettra, sans le contrôle du juge et hors
l’état d’urgence, les perquisitions de nuit, les contrôles d’identité,
la fouille des bagages, la garde à vue arbitraire pendant 4h sans
avocat. Un policier pourra ouvrir le feu contre un individu armé qui ne
le vise pas, ou garder son arme de service 24h sur 24 … Le « délit
prédictif » est introduit dans l’état d’urgence : le simple soupçon
qu’une personne pourrait commettre un délit pourra suffire à justifier
une assignation à résidence, ou une perquisition.

10- L’Etat renforce la répression et fragilise la cohésion

La guerre est la cause du terrorisme. Au lieu de militariser la société,
de réprimer les mouvements sociaux comme les 8 de Goodyear, de laisser le ver raciste frayer son chemin, il faudrait rechercher la paix, abolir le contrôle au faciès et les camps de rétention, introduire dans la constitution le droit de vote des étranger-es et ouvrir de nouveaux droits sociaux, réduire les inégalités ...


Premiers signataires : AC !, ACORT, ACTIT, ADTF, AFA Idf, AMF, APEIS,
ATF, ATMF, ATTAC, BAN, CAPJO-Europalestine, CCIF, CEDETIM, CFPE, CGT 75, CNT RP, collectif 3C, collectif des désobéissants, collectif des sans
voix 18e, collectif Jamais déchu(e), collectif Ouioui, COPAF, CRLDHT,
CSP 75, CSP 93, DAL, Droits devant !, Ecologie sociale, Emancipation
Tendance Intersyndicale, FASTI, FADJ-DIDF France, Femmes égalité, Filles
et Fils de la République, Fondation Copernic, FTCR, FUIQP, GISTI, HALEM,
Initiative Décroissante pour le Climat, IPAM, MAFED, MCTF, MNCP, MRAP,
PSM, REMCC, Réseau pour une Gauche Décoloniale, SAF, Syndicat de la
Magistrature, SNPES PJJ-FSU, Union Syndicale Solidaires, Solidaires
étudiant-e-s, SUD Aérien, SUD Éducation, SUD PTT, Sortir du
colonialisme, Survie, UJFP, UTIT …

Avec le soutien de : Alternative libertaire, CGA, Décroissance IDF,
EELV, Ensemble, NPA, Parti pirate, PCOF, PG, Résistance, PIR ...


- photo : cc laetitiablabla

 
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