Contre la montée de l’exclusion, le logement est un droit, l’électricité est un droit...

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Dans son numéro de novembre 2004, Alternative libertaire présentait le Collectif Lot-et-Garonnais « CAP 47 » (Collectif anti-précarisation) rassemblant des militants de la CGT, de la FSU, de SUD, de la CNT, d’AC, d’ATTAC et voulant mener des actions concrètes pour organiser la lutte contre la précarité.

En décembre le collectif a mené une campagne contre les coupures d’électricité imposées aux familles en difficulté économique. En particulier, deux types d’actions ont été menés. Le 13 décembre, 70 personnes, syndicalistes, militants associatifs, précaires, SDF, ont ensemble envahi le conseil municipal de la ville d’Agen pour obtenir de la municipalité un arrêt anti-coupure. Pendant près d’une heure, le conseil municipal n’a pas pu se tenir, les manifestants ont pris la parole, y compris les SDF et les précaires présents. Au-delà du problème spécifique des coupures d’électricité, de nombreux autres problèmes ont été lancés à la tête des élus dans ce cadre public et devant la presse accourue pour le scoop.

La semaine suivante, pour continuer son harcellement sur EDF et faire pression contre les coupures d’électricité, une trentaire de personnes ont débarqué à midi au siège d’EDF. La soupe populaire a été distribuée. Le collectif, conjointement avec le syndicat CGT d’EDF, a remis le couvert contre les coupures d’électricité. La direction d’EDF a dû descendre. Face à la presse toujours alléchée, elle a tenté de se justifier, face aux militants et aux précaires présents.

À chaque intervention de ce type, le collectif met le problème sur la place publique et, ce qui n’est pas tout à fait négligeable, obtient le rebranchement de familles qui s’adressent au collectif.

Une prochaine action est en préparation pour les jours à venir, en direction d’une autre municipalité.

Autre sujet, autre mobilisation. Le 28 janvier, une famille en difficulté économique est assignée au Tribunal de Villeneuve-sur-Lot : La mairie de Saint-Aubin (village de 200 habitants) voudrait voir prononcer la résiliation du bail locatif, pour permettre l’expulsion de cette famille dès la fin de l’hiver. CAP 47 prépare diférentes actions pour mettre en échec cette expulsion : « occupation » de la sous-préfecture de Villeneuve, collage massif à Saint-Aubin (« Le logement est un droit. Non aux expulsions »), présence à l’audience du tribunal.

Le Collectif travaille sur ce sujet avec une association qui défend les familles en difficulté dans leurs dossiers de surendettement.

Actions directes, irruption sur la place publique, volonté de défendre les précaires à partir de leurs situations concrètes, CAP 47 a du pain sur la planche et de l’avenir devant lui. Un peu partout, d’autres collectifs se développent sur des dynamiques plus ou moins proches. D’autres associations (Droit au logement par exemple) agissent de même depuis des années... Tous auraient à y gagner à fédérer et à coordonner leurs initiatives.

Jacques Dubart

 
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