précarité

Convention Unédic : Non à la dégressivité des allocations !

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En plus d’attaquer les conditions de travail des salarié-e-s en emploi, le projet de convention Unédic cible l’indemnisation de celles et ceux qui sont privés d’emploi. L’opposition à ces deux attaques doit se rejoindre.

Le gouvernement « socialiste » s’est lancé dans une offensive accélérée contre les droits des classes populaires. Ainsi, la nouvelle convention Unédic rogne encore davantage les droits des chômeurs et des chômeuses.

La nouvelle convention voudrait en effet tout simplement réintroduire la dégressivité des allocations chômage, c’est-à-dire, en gros, les faire baisser progressivement pendant la période d’indemnisation. Cette mesure n’aura pour effet que d’aggraver les conditions de vie des demandeurs et demandeuses d’emploi.

Les intermittents et intermittentes, déjà passé-e-s à la moulinette en 2014, sont encore une fois dans le collimateur du gouvernement, du Medef et de certains syndicats collabos.

Pour changer, le gouvernement prétend que c’est à cause du déficit historique de l’Unédic que cette réforme serait nécessaire. Là encore, ce sont des mensonges cousus de fils blanc que même les très modérés « décodeurs » du site lemonde.fr mettent à jour aisément : « Les derniers chiffres disponibles, datant de 2014, montrent que les contributions des affiliés à l’Unédic (soit plus de 16 millions d’actifs) atteignent 33,94 milliards d’euros, quand l’indemnisation a coûté, cette même année, 31,26 milliards d’euros. Soit un solde entre cotisations perçues et indemnités chômage versées positif de 2,68 milliards d’euros. » Cela veut dire que loin d’être déficitaire, l’Unédic est au contraire une des rares caisses d’indemnisation excédentaire. Le déficit est dû à une ponction de 10 % faite par l’État sur ce budget pour financer le « service public de l’emploi », notamment Pôle emploi, et l’aide à la création d’entreprise, dont on peut fort justement contester le caractère de « service public ».

Bref, là encore, c’est un déficit créé de toutes pièces, qui est le prétexte à une réforme qui étouffe nos droits et bénéficie au patronat… Alors qu’en réalité, c’est la précarité, sous le masque de la flexibilité, qui nous coûte le plus cher.

Sœur jumelle de la loi de casse du code du travail

Cette mesure est en quelque sorte la sœur jumelle de la loi de casse du code du travail. En plus d’attaquer les travailleurs et les travailleuses sur leur lieu de travail, on attaque celles et ceux qui sont privés d’emploi sur leur lieu d’indemnisation. Face à cela, il faut que les oppositions à ces deux mesures se rejoignent, afin de refuser que le patronat et leur personnel politique organisent tranquillement l’asphyxie de nos conditions de vie.

Cela implique de mobiliser les chômeuses et chômeurs et plus globalement l’ensemble des précaires. Cela passe évidemment par toutes les organisations de précaires et de demandeurs/demandeuses d’emploi, qui se revendiquent du combat et non du seul accompagnement. Mais cela passe aussi par une convergence avec les travailleurs et les travailleuses du service public de l’emploi, notamment de Pôle emploi ou des CAF dont les conditions ne cessent aussi de se dégrader. Cela passe en plus par une nécessaire convergence avec les intermittents, parmi les précaires qui se mobilisent le plus.

Ceci dit, il ne faut pas oublier que cela ne pourra se faire que si nous mobilisons l’ensemble des précaires indemnisé-es par Pôle emploi et dont les conditions de vie vont directement être touchées. Enfin, cette lutte, si elle existe, ne doit et ne devra pas seulement défendre le statu quo mais poser la question de la précarité dans son ensemble, de sa place dans le salariat, et aussi de la légitimité du capitalisme comme système économique.

Commission Précarité et solidarité directe

image : cc isobrown

 
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