jeudi, 21 août 2014
 
 

DOM : Contre la précarité pour les retraites et le service public

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Depuis plusieurs semaines, des grèves très dures se développent dans les départements d’outre-mer. Mais bien évidemment, cela n’intéresse pas les médias qui préfèrent ignorer comme d’habitude ce qui se passe dans les colonies françaises, des fois que la population française prenne conscience à cette occasion de l’oppression séculaire et spécifique dont elles font l’objet.

En Guadeloupe, des grèves ont paralysé le fonctionnement de nombreuses mairies pendant plusieurs semaines de février à avril. Elles concernaient les emplois-jeunes dont les postes sont tout aussi massivement supprimés qu’en France. La grève des emplois-jeunes a été impulsée et soutenue par l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG syndicat indépendantiste lutte de classe). C’est la droite qui supprime les emplois-jeunes mais la « gauche plurielle » a une lourde responsabilité dans la situation actuelle, puisqu’elle ne s’est pas souciée de savoir ce qu’allaient devenir tou(te)s ces jeunes en contrats précaires.

Cette grève a suscité le mécontentement des élu(e)s qui dirigent la Guadeloupe et principalement de Lucette Michaux-Chevry (UMP) qui préside la région et a déclaré au cours de cette grève ne plus jamais vouloir négocier avec l’UGTG, ce qui risque d’être problématique puisque cette organisation est majoritaire, comme l’ont confirmé les élections prud’homales de décembre dernier.

Soumise à des rapports de domination coloniale et à une économie dominée par l’agriculture, le tourisme et le bâtiment, la Guadeloupe est encore plus pénalisée que la France dans la mesure où elle est très dépendante des transferts d’argent public.

S’attaquer à la protection sociale et à l’emploi, même précaire, c’est donc s’exposer à des conflits de plus en plus durs et explosifs.

La colère ne cesse de monter également à la Réunion chez les emplois-jeunes mais aussi chez les personnels de l’Éducation nationale engagés massivement dans une grève reconductible majoritaire qui a repris à la mi-mai après une période de vacances scolaires. L’ampleur du mouvement a obligé l’académie à annuler plusieurs examens, ce qui commence à inquiéter sérieusement le ministre de l’Éducation nationale Ferry et la ministre des Colonies Girardin.

À la Réunion, les manifestations ont attiré jusqu’à 30 000 personnes, dépassant le secteur de l’enseignement et touchant aussi l’Équipement et les impôts tant en faveur de l’emploi que des retraites.

La fronde est globale mais elle se concentre surtout sur l’emploi, les retraites et le refus de la régionalisation des services publics. Sur ce dernier point, les élu(e)s du PC comme de l’UMP affirment du reste ne pas demander le transfert de gestion des personnels non enseignants de l’éducation nationale de l’État français à la région.

En Guyane et en Martinique également la journée du 13 mai s’est traduite par une forte mobilisation.

Un peu partout donc, les DOM donnent l’exemple parce qu’ils se sentent en première ligne dans la politique d’appauvrissement des travailleur(se)s et des chômeur(se)s conduite par le gouvernement Raffarin.

C.J.