Débat : Un projet de société à défendre dans les luttes actuelles

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« Le climat survivra-t-il au capitalisme ? » C’était la question posée par une conférence-débat au Village mondial des alternatives. En soulignant la nécessité d’une alternative fondée sur la socialisation, l’autogestion, le communisme, les libertaires ont mis les pieds dans le plat.

Alternative libertaire a tenu un stand en lisière, et appelait à participer à une conférence-débat organisée par le collectif Montreuil-Climat, regroupant entre autres des gens d’AL, du NPA, d’Ensemble et d’Attac. Le thème : « Le climat survivra-t-il au capitalisme ? La décroissance est-elle la solution ? ».

Résultat : 120 à 150 personnes dans une salle de cinéma, avec sur le plateau Geneviève Azam (Attac), Christine Poilly (Initiatives décroissantes pour le climat) et Guillaume Davranche (pour le collectif Montreuil-Climat). Loin de ronronner, le débat a tourné à la controverse entre Azam et Poilly d’un côté, Davranche de l’autre. Pas pour les bonnes raisons à notre avis.

Changer de civilisation

Dans son intervention, Azam a dit beaucoup de choses excellentes, mais prêtant peu à la discussion – « il faut parler de catastrophe et non de crise écologique », « il faut changer de civilisation », « il faut renoncer à la toute-puissance », etc. Seule son affirmation selon laquelle la contradiction productivisme/écologie surclassait dé­sormais la contradiction capital/travail pouvait faire véritablement débat.

Poilly a expliqué le concept de décroissance pour aller vers une société sobre, conviviale, décentralisée, solidaire. Elle a aussi mis l’accent sur les luttes contre les grands projets inutiles (Notre-Dame-des-Landes, Sivens, Gonesse…).

Davranche a centré son intervention sur la nécessité de donner un contenu au slogan « Changeons le système, pas le climat » : socialisation des moyens de production et d’échange, autogestion, abolition du marché capitaliste, seuls moyens de rendre à la société la maîtrise de son destin… La catastrophe écologique a bouleversé l’« équation socialiste » d’hier. Désormais, elle devra concilier trois termes : la production, les besoins des populations et les capacités de la planète, ces dernières étant non négociables.

Le changement, on en voit l’embryon dans les pratiques individuelles et collectives – refus du consumérisme, désir de sobriété, lutte contre les grands projets inutiles. Il y a là un véritable mouvement de fond, quoique encore minoritaire. L’enjeu est qu’il supplante le capitalisme. Pour y parvenir, il faut réussir sa jonction avec un mouvement ouvrier et syndical où, parallèlement, les mentalités évoluent dans le bon sens.

Le débat qui s’est ensuivi a été pollué par une controverse un peu incongrue, qui donnait l’impression qu’Azam et Poilly refusaient tout débat sur l’alternative de société, au prétexte que ce serait faire preuve de « marxisme », d’« avant-gardisme » et qu’il faudrait « laisser les idéologies au vestiaire ». Cette frilosité est périmée, et elle ne reflète d’ailleurs pas les réflexions existant à Attac et au sein du MOC, tant il est évident qu’il n’y aura ni décroissance ni changement de civilisation sans une sortie révolutionnaire du capitalisme.

Les camarades d’AL présents au débat

 
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