Quatre ans après, que reste-t-il de l’Argentinazo ?

Dossier Argentine : repères chronologiques

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Cette chronologie fait partie d’un dossier intitulé « que reste-t-il de l’Argentinazo ? », qui comprend également les articles suivants :


24 octobre 1999 : Fernando de la Rúa, coalition de centre-gauche, est élu président avec 48,7% des voix. Après dix ans de gouvernement ultralibéral de Carlos Menem, sous l’autorité du Fonds monétaire international (FMI), cette élection suscite un espoir.

12 novembre 2000 : Plan d’austérité drastique.

Juillet 2001 : La première Rencontre nationale des mouvements piqueteros à la Matanza réunit 2000 délégués. Le représentant de la CGT (Hugo Moyano) est conspué. La rupture avec le syndicalisme péroniste est consommée.

30 Juillet 2001 : Politique et loi du « déficit zéro ». La dette extérieure atteint 141 milliards de dollars. Le chômage touche 18,3 % de la population en octobre, 14 millions de démunis sur 36 millions d’habitants.

Octobre 2001 : L’usine de céramiques Zanón, en Patagonie, est occupée par les ouvriers licenciés.

Novembre 2001 : Septième plan d’austérité en trois ans, dette extérieure de 132 milliards de dollars, l’Argentine s’enfonce dans la crise.

1er décembre 2001 : Le gouvernement impose le corralito : la limitation des retraits bancaires des particuliers à 250 dollars par semaine, tandis que les classes aisées évacuent leurs capitaux du pays en toute hâte. Le 5, le FMI refuse à l’Argentine un prêt de 1,3 milliard de dollars.

18 décembre 2001 : Les ouvrières de Bruckman, à Buenos Aires, prennent le contrôle de l’usine, abandonnée par les patrons.

19-20 décembre 2001, Insurrection : c’est l’argentinazo. Le peuple envahit les rues de Buenos Aires pour réclamer l’abrogation du corralito. L’état de siège est déclaré. Trente-deux victimes dans les affrontements avec la police. Démission du ministre de l’Économie le 20. Démission du président Fernando de la Rúa le 21 et nomination à la Présidence de Rodriguez Saà, qui démissionne le 31.

Hiver 2001-2002 : Explosion du mouvement populaire dans tout le pays. Renaissance des organisations piqueteras, apparues à l’origine en 1996. Les piqueteros dressent des barrages routiers pour réclamer du pain et du travail. Apparition des « assemblées populaires » dans les quartiers de Buenos Aires, instituant une forme de démocratie directe potentiellement concurrente du pouvoir d’État. Des dizaines d’entreprises abandonnées par le patronat sont occupées et remises en marche par les travailleur(se)s.

2 janvier 2002 : Eduardo Duhalde est élu président par le Congrès.

6 janvier 2002 : « Loi d’urgence » économique : dévaluation du peso (- 20 %). Suppression de la parité peso-dollar.

23 avril 2002 : Le nouveau ministre de l’Économie démissionne. Les négociations avec le FMI, le G7 et la Banque mondiale échouent.

2 décembre 2002 : Levée du corralito.

16 janvier 2003 : Accord transitoire entre l’Argentine et le FMI, portant sur l’octroi d’un crédit de 2,9 milliards de dollars et sur le rééchelonnement de la dette.

21 avril 2003 : L’usine Bruckman est évacuée par la police, malgré la mobilisation populaire.

avril 2003 : Dans la confusion, trois candidats issus du Parti justicialiste se présentent à la présidentielle : l’ex-président ultralibéral Carlos Menem (24% des voix), le centriste Rodriguez Saà (14%), enfin le porte-voix de la gauche du Parti : Nestor Kirchner (22%). Avant le deuxième tour, le 23 avril, Menem se retire de crainte d’être battu, et Kirchner est élu président.

26 juin 2003 : Lors d’une manifestation sur le pont Pueyrredon, dans la banlieue de Buenos Aires, deux militants piqueteros connus, Dario Santillán et Maximiliano Kosteki, sont assassinés par la police.

août 2003 : Kirchner fait abroger les lois d’amnistie des militaires responsables de crimes sous la dictature de 1976-1983.

18 décembre 2003 : Après six mois de lutte, le conseil municipal de Buenos Aires restitue l’usine Bruckman aux ouvrières, qui la transforment en coopérative.

20 septembre 2003 : Accord entre l’Argentine et le FMI. L’accord stipule que l’Argentine doit parvenir à un excédent budgétaire équivalent à 3% de son PIB… pour rembourser la dette extérieure !

10 mars 2004 : Après un simulacre de bras de fer avec le FMI, Nestor Kirchner accepte de payer l’échéance de 3,1 milliards de dollars au titre du remboursement de la dette.

juillet 2004 : Le gouvernement autorise l’extradition de criminels de l’ex-dictature militaire. Arrestation de 46 personnes, dont l’extradition est réclamée par l’Espagne. En septembre, l’ex-tortionnaire Alfredo Astiz, dont l’extradition est demandée par la France, est arrêté à Buenos Aires.

janvier 2005 : Incendie de la discothèque República Cromañón. Importantes manifestations populaires.

 
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