Dossier antifascisme : A Lyon, les fachos prennent leurs aises

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Depuis plusieurs années, l’extrême droite tente de faire de Lyon un laboratoire. Elle y ouvre des locaux, multiplie les agressions contre le mouvement social ou les immigré-e-s et parade dans les rues. Mais la riposte s’organise.


- A Lyon, les fachos prennent leurs aises
- Ils ne frappent pas au hasard
- La mobilisation antimariage pour tous, parenthèse enchantée de l’extrême droite


Souvent citée en tant que «  laboratoire de l’extrême droite  », Lyon est depuis de nombreuses années fidèle à sa réputation. Agressions courantes, dégradations de lieux militants, manifestations régulières… Les nervis fascistes, plus ou moins organisés, se comportent comme en territoire conquis, et ce n’est pas l’actualité récente qui va leur donner tort. En profitant du contexte actuel, sur fond de crise sociale et économique, d’homophobie affichée, et en surfant sur la médiatisation des manifs pour tous, l’extrême droite se déchaîne et trouve un écho complaisant dans les médias locaux et nationaux.

Ce sont des dizaines d’articles qui paraissent dans la presse et traitent avec complaisance l’extrême droite lyonnaise tout en lui offrant une couverture médiatique. Depuis plusieurs mois, pas une semaine ne passe sans que les jeunesses nationalistes d’Alexandre Gabriac, le Groupe union défense (Gud) ou Génération identitaire, ne fassent parler d’eux. Même Frigide Barjot n’est pas assez homophobe pour eux puisque le 5 mai dernier, les militants ultranationalistes du Gud l’ont exclue du cortège. Depuis 2010 trente-trois agressions physiques ont eu lieu à Lyon de la part des fascistes, ayant entraîné quatre cents jours d’interruption temporaire de travail.

Face à cela, l’organisation d’une riposte cohérente, efficace et organisée peine à se mettre en place, entravée dans son action par la répression policière. Ainsi, le 9 mai, journée de commé-moration pour l’un de leurs «  martyrs  », Gud et Jeunesses nationalistes ont pu faire deux rassemblements sans être aucunement inquiétés par les forces de l’ordre pendant que la police arrêtait vingt-cinq camarades participant au contre-rassemblement organisé par les antifascistes, avant même qu’ils aient pu défiler. Être antifasciste à Lyon devient donc un délit, et l’état socialiste se fait un malin plaisir de renvoyer dos à dos fascistes et antifascistes, comme en témoignent les discours officiels tendant à montrer la lutte sur Lyon comme une «  guerre des gangs  » entre deux factions rivales.

Riposte unitaire

De grands rassemblements, comme en février dernier pour demander la fermeture du local fasciste de la Traboule, sont parfois organisés (ici à l’initiative du collectif de vigilance 69), mais ne permettent pas de stopper l’emprise des groupuscules d’extrême droite sur certains quartiers de la ville. Et apporter des réponses collectives entre membres d’organisations libertaires ou proches idéologiquement se révèle pour le moment complexe à mener. Dans ce sens, nous avons participé à la création, pour le 1er mai, d’un cortège unitaire libertaire (la Fédération anarchiste, la Coordination des groupes anarchistes, l’Organisation communiste libertaire, AL et la Gryffe, librairie libertaire) avec la diffusion d’un tract commun basé sur la riposte sociale nécessaire face au capitalisme et au fascisme. En effet, plus que jamais, à Lyon comme ailleurs, il faut rechercher l’unité pour être en capacité organisationnelle de contrer cette montée de l’extrême droite et de développer dans nos quartiers et nos villes par tracts, affiches, réunions publiques, manifestations… un antifascisme basé sur l’anticapitalisme. C’est ce à quoi nous nous attelons à Lyon.

Collectif AL de Lyon

 
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