Droit de réponse : « Certaines normes sont en faveur de l’agriculture paysanne »

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Maxime Bergonso, de la Confédération paysanne a souhaité répondre à un article paru il y a deux mois dans Alternative libertaire.

Dans le numéro de novembre 2017 d’Alternative libertaire, Pierre, paysan en Saône-et-Loire, accuse, dans son article « Les normes n’ont pas empêché la vache folle », la Confédération paysanne de défendre « les bonnes normes », les « bons contrôles » et d’être un syndicat cogestionnaire.

Ce n’est pas la première fois que le collectif Hors normes nous attaque sur notre travail syndical et nous souhaitons mettre les choses au clair.

En préambule, nous souhaitons réaffirmer notre solidarité avec les paysans en lutte et qui se sentent victimes, à juste titre, de contrôles ­excessifs ou de normes injustes. Nous sommes tout aussi révoltés de voir les paysans traités comme des criminels comme ce fut le cas pour Jérôme Laronze.

Plusieurs paysans de la Confédération paysanne se sont rendus à une réunion du collectif. Il nous semble important de travailler de concert pour protéger les paysans, en ce sens nous réitérons notre proposition de rencontre faite au collectif « Hors normes » et déjà formulé à ses leaders lors des 30 ans de la Confédération paysanne, événement lors duquel Yannick Ogor et Xavier Noulhianne ont d’ailleurs eu une tribune.

Maintenant, il y a un débat sur la stratégie et le spectre d’action. Il ne faut pas oublier que certaines normes et lois sont issues d’une période où les rapports de classes n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui.

Prenons le statut du fermage, mis en place en 1945, qui protège le locataire du propriétaire ou le contrôle des structures, dans les années 1960, qui favorise l’installation plutôt que l’agrandissement. Il nous semble que ces lois et les normes qu’elles engendrent sont des normes en faveur de l’agriculture paysanne.

Pour autant, l’État et l’Union européenne s’acharnent à attaquer tous les jours le travail paysan en durcissant les contrôles des aides PAC, en appliquant les standards industriels pour les contrôles sur l’élevage ou sur les produits fermiers, et cela est inacceptable. Pour la Confédération paysanne il s’agit donc de mettre en place un rapport de forces suffisant pour que les spécificités de l’agriculture paysanne soient reconnues et que l’agriculture industrielle soit contrainte dans son développement.

Dans ce cas, si lutter face aux CRS contre l’abattage de canards au Pays basque, mais aussi proposer un guide pour que les normes des élevages soient adaptées à l’élevage paysan est de la cogestion, alors c’est une vision que nous ne partageons pas. Nous préférons dire que c’est du travail syndical qui déplace la lutte d’un niveau individuel à un niveau collectif.

M. Bergonso (Confédération paysanne)

 
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