Droits des femmes : Pour un avortement sans frontières !

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IVG en eaux internationales ou livraison de pilules abortives par drones : telles sont les nouvelles armes des militantes pro-choix de l’association Women on waves.

Depuis sa création en 1999, l’association néerlandaise Women on waves [1] mène des campagnes pour développer l’accès à l’avortement non chirurgical dans les pays où il est interdit ou très restreint. C’est au large de l’Irlande qu’elles ont commencé, en 2001, les premiers avortements en eaux internationales. Pour contourner la loi antiavortement de ce pays, les militantes installaient sur un bateau une véritable clinique portative.

Campagne dans les eaux du Guatemala en 2017 cc http://www.womenonwaves.org

Faire bouger les mentalités

Elles vont ensuite chercher des femmes qui souhaitent avorter et les emmènent dans les eaux internationales où elles peuvent bénéficier d’un avortement médicamenteux. Après l’Irlande, elles iront en Pologne en 2003. En 2004, leur tentative d’intervenir au Portugal sera contrée par les autorités qui les empêchent d’accoster… Mais le retentissement médiatique sera énorme et le droit à l’IVG reconnu pleinement deux ans après.

Viendront ensuite le Maroc et le Guatemala qui ne leur permettront pas non plus d’accueillir des patientes… Mais même si le nombre de femmes auxquelles elles permettent ­d’avorter est minime à chaque fois (quant il n’est pas nul), elles font bouger les mentalités et offrent un véritable point d’appui aux associations féministes locales avec lesquelles elles travaillent toujours en lien étroit.

En 2016, elles ont eu l’idée d’envoyer un drone transportant des boîtes de pilules abortives traverser les frontières irlandaise et polonaise.

Pour pouvoir toucher plus largement et aider réellement les femmes à avorter, les militantes de Women on waves ont lancé cette année Women on web. Après une « consultation » par Internet sur ce site, les femmes qui le demandent reçoivent un colis avec des comprimés de mifépristone (la pilule RU486) et de misoprostol ainsi que les indications pour avorter en toute sécurité. Celles qui peuvent payer le font, les autres non. Women on web assure le suivi médical en ligne et peut diriger les femmes vers des médecins de confiance dans leur pays en cas de complications.

Comme il est possible que les colis de l’association finissent par se faire repérer, le projet devrait bientôt permettre à la solidarité internationale de s’exercer directement. Le principe est simple : vous habitez dans un pays où vous pouvez vous procurer légalement des pilules abortives, vous le faites, puis vous les envoyez à une femme qui en a besoin.

L’équipage retenu sur le quai par les gardes côtes au Guatemala

Rappelons que dans le monde, seulement 61 États autorisent l’IVG sans restriction et seulement 39,5 % des femmes ont accès à ce droit. Plus de 21 millions d’avortements clandestins sont pratiqués dans le monde par an (sur 43,8 millions d’avortements au total), engendrant près de 47 000 décès.

carte de la situation du droit à l’avortement par pays - (cc) wikipedia.org

C’est un droit sans cesse remis en cause pour lequel il faut, ici comme ailleurs, continuer à combattre, sans relâche. Une grande mobilisation est d’ailleurs en cours d’organisation au niveau européen autour du 28 septembre 2017, journée internationale du droit à l’avortement.

Émilie (AL Saint-Denis)

[1Plus d’infos sur leur site Internet : Womenonwaves.org

 
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