Edito : Afrîn-Gaza : un air de déjà-vu

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Comme lorsque Israël massacre la population palestinienne, Moscou, Paris et Washington affirment « comprendre le droit légitime » de l’agresseur, mais lui demandent d’agir « avec retenue ».

Sans surprise, l’armée turque et ses supplétifs islamistes dans l’Armée syrienne libre ont lancé une offensive sur Afrîn, contre la gauche kurde.

Cette dernière a été le principal artisan de la défaite de Daech en Syrie. Daech, que le régime turc avait sciemment soutenu. France, Russie et États-Unis avaient épaulé le combat des milices arabo-kurdes contre Daech… mais ils ne veulent pas se fâcher avec Ankara, un membre de poids dans l’Otan, et un acteur-clef du conflit syrien. Alors que font-ils ? Ils lâchent la gauche kurde.

Et ils le font avec la même misérable rhétorique que lorsque Israël bombarde Gaza et massacre la population palestinienne. Ils affirment « comprendre les impératifs sécuritaires » et le « droit légitime » de l’agresseur, mais lui demandent d’agir « avec retenue » et « modération ».

Traduction : essayez d’écraser votre ennemi sans excès de carnages SVP ; ne nous obligez pas à ouvrir les yeux.

Ce lâchage par les États impérialistes n’est pas une surprise. Pour eux, la « guerre contre le djihadisme » s’arrête là où commencent les obligations diplomatiques vis-à-vis de leurs partenaires qui, comme la Turquie, soutiennent le djihadisme.

Néanmoins, Washington, Moscou et Paris sont bien ennuyés. Erdogan les contraint à étaler leur hypocrisie au grand jour.

Qu’ils comptent sur nous pour l’étaler encore un peu plus  ! Protestons, manifestons, crions notre indignation. Comme Kobanê, Afrîn sera sauvée par la ténacité de ses défenseurs, mais aussi par la ferveur de la solidarité internationale.

Kobanê a vaincu. Afrîn vaincra !

Alternative libertaire, le 3 février 2018

 
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