Edito : CNE, CESEDA ... Ils devront encore plier !

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Alors que le retrait du Contrat première embauche semble, à l’heure ou nous écrivons ces lignes, avoir sonné le glas de la grève massive et du blocage total des universités, il reste beaucoup à faire. Le CPE est remplacé par un empilement de contrats bidons essentiellement destinés aux jeunes non qualifiés et qui prévoient toujours plus d’exonérations de charges sociales pour les patrons, la loi sur l’égalité des chances (LEC, qui comprend notamment l’apprentissage à 14 ans, le travail de nuit à 15 ans, la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire) est maintenue et le CNE, copie conforme du CPE dans les petites entreprises est toujours en vigueur.

Néanmoins les 3 mois de lutte que nous venons de connaître, et qui constituent le plus gros mouvement de jeunesse depuis mai 1968, sont exemplaires à plus d’un titre. La stratégie du Parti socialiste qui se serait volontiers contenté d’un mouvement étudiant a minima et pour la forme, avec à la clé un vote socialiste en 2007, seul a même d’amener l’abrogation du CPE (comme l’expliquait Hollande début février) est clairement désavoué : seule la lutte paye et seule la lutte paiera !

Alors que la précarité est depuis une dizaine d’années un élément essentiel du salariat (CDD, intérim, temps partiel imposé...) cette réalité n’avait donnée lieu à aucune riposte d’ampleur du mouvement social et syndical, sans parler de la gauche institutionnelle qui n’a fait que l’aggraver. Le mouvement contre le CPE et la LEC a mis cette question au cœur du débat social et cela constitue un point d’appui pour les mobilisations à venir. Les étudiant(e)s qui poursuivent la mobilisation s’engagent dans cette voie en cherchant des convergences avec les salarié(e)s et particulièrement les plus précaires. L’inscription du mouvement dans la durée a contribué à une politisation et à une radicalisation des formes d’action à une échelle de masse (affrontements assumés avec les forces de l’ordre, occupations, blocage de l’économie) qui vont laisser des traces tout comme la pratique quotidienne de la démocratie directe dans les assemblées générales et du blocage des universités face à une minorité d’étudiant(e)s antigrèvistes.

La légitimité du pouvoir et du capitalisme est clairement remise en cause par de nombreux(ses) jeunes qui ont activement participé au mouvement. Ces dernier(e)s s’inscrivent dans une perspective de remobilisation des universités et des lycées et une partie d’entre eux/elles s’engagent dans la lutte contre la nouvelle loi Sarkozy sur l’immigration (CESEDA). Les semaines qui viennent seront donc décisives pour maintenir les liens entre tous les acteurs de la lutte et recréer les conditions d’un rapport de force plus favorable.

Alternative libertaire, le 25 avril 2006

 
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