Édito : Contre le gouvernement et le Medef : Agir désobéir

Version imprimable de cet article Version imprimable


Dans l’éditorial de juillet, nous évoquions la faillite sociale qui est celle à laquelle nous mène le capitalisme et dont les opprimé(e)s, exploité(e)s et précarisé(e)s que nous sommes, payent la note sans fin, un peu comme un crédit revolving auquel nous serions attaché(e)s à vie.

Des crash aériens, aux incendies de forêts, ou à la mort des 17 personnes par les flammes dans leur immeuble vétuste du boulevard Vincent-Auriol à Paris, en passant par la grève de la faim des ouvriers polonais des chantiers de l’Atlantique, curieusement abandonnés par les partisans du oui à la constitution européenne du capital, la période estivale a été riche en symboles d’un système qui produit de plus en plus de richesses, tout en écrasant de plus en plus celles et ceux qui les produisent.

Alors que les médias nous rappellent très opportunément que les profits des grands groupes français atteignent des sommets, que les indices boursiers s’envolent et que la fortune personnelle des dirigeants des sociétés cotées au CAC 40 atteint des montants vertigineux (100 milliards pour le seul Bernard Arnaud !!), patrons et gouvernants continuent de nous présenter l’addition de leur politique : celle des fermetures de lignes SNCF, de l’augmentation vertigineuse des droits d’inscription en fac, des milliers de suppressions de postes de fonctionnaires et d’une précarisation croissante du marché du travail.

Ces mêmes médias au service du capital qui se souviennent de la baffe qu’ils ont pris le 29 mai ne souhaitent pas se faire surprendre et prévoient comme pour conjurer le sort une rentrée sociale chaude. Certes bien des ingrédients sont réunis pour que les tensions à l’œuvre dans la société française depuis trop longtemps explosent. Mais une fois de plus il ne se passera strictement rien de significatif, si nous adoptons la même posture que nos chroniqueurs de marché, celle de commentateurs de l’actualité.

Ne nous y trompons pas, les organisations syndicales interprofessionnelles qui ont ces derniers temps donné de la voix par communiqué de presse n’ont pour l’instant pas d’autre ambition que de mimer l’action là où il faut se donner les moyens de l’organiser.

C’est ce qu’ont bien compris celles et ceux qui veulent donner des impulsions décisives en prenant des initiatives dans lesquelles un front social de l’égalité et de la solidarité peut prendre forme. Nous pensons à l’initiative lancée par SUD Rail et Solidaires contre les trains privés, aux assises nationales lycéennes et étudiantes de Toulouse de la fin août, ou encore aux initiatives de la Confédération paysanne (voir page 15). À elles seules, elles ne sauraient bien sûr constituer des réponses suffisantes à la formidable offensive antisociale de la droite et du patronat, mais elles doivent être prises pour les points d’appui d’une contre-offensive plus vaste qui doit dresser l’ensemble du monde du travail et de la jeunesse précarisée contre la politique dictatoriale des Villepin, Sarkozy et Parisot.

Pour construire une riposte et une alternative anticapitaliste et autogestionnaire à cette politique de plus en plus répressive et libérale, il ne va pas falloir se laisser distraire, par celles et ceux qui se fichent bien d’organiser cette nécessaire contre-offensive sociale parce qu’ils/elles ne pensent qu’à l’échéance présidentielle de 2007 et à recomposer la gauche au service de leurs ambitions de pouvoir.

Nous ne devons pas nous tromper de réponse et avoir en tête que le seul débouché politique reste la victoire des luttes. Car c’est par elles que nous ferons émerger une alternative politique et sociale qui rendra d’autant plus dérisoires les fausses promesses d’une énième alternance.

Alternative libertaire, le 28 août 2005

 
☰ Accès rapide
Retour en haut