Edito : Haïti : Derrière les catastrophes

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Haïti vient de connaître une catastrophe « naturelle » ayant entraîné la mort de près de 200 000 personnes. Les médias nous inondent d’appels à la solidarité jouant sur la corde émotionnelle. Mais si le peuple d’Haïti est martyrisé, ce n’est pas par un « coup du sort ». Quelques rappels s’imposent. D’abord celui-ci : en 1995, un tremblement de terre de magnitude identique fait 6 437 morts au Japon. Moins de bidonvilles, moins de morts. C’est bien la misère, sciemment entretenue depuis des décennies, qui est la première responsable du martyre d’Haïti. Et cette misère n’est pas, elle non plus, tombée du ciel.

Haïti, avant de devenir, en 1804, la première République noire indépendante, était une colonie française. Son indépendance ne fut reconnue que contre une reconnaissance… de dette, faramineuse, envers la France ! Et ce bien avant le FMI ! Après l’impérialisme français, Haïti dû supporter celui des Etats-Unis dans l’entre-deux-guerres. Mais ni l’un ni l’autre ne trouvèrent rien à redire à la dictature sanglante de « Papa Doc » Duvalier et de ses tontons macoutes.

Pillée par les impérialismes et les dictateurs, Haïti l’est aussi par des capitalistes sans scrupules. Une multinationale montréalaise, Gildan, n’a pas hésité, le 13 janvier, à délocaliser ses usines haïtiennes vers l’Amérique centrale en assurant à ses clients américains qu’ils « ne seraient pas affectés ». Derrière les catastrophes « naturelles », la catastrophe capitaliste n’est pas loin. Et de tout cela, curieusement, nous n’entendons pas parler.

Alternative libertaire, le 26 janvier 2010

 
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