Edito : L’Etat colonial tue

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Il y a la Grèce. Et il y a Mayotte. Dans les deux pays, la lutte sociale est acharnée. Dans les deux pays, le pouvoir fait parler la force. À Mayotte, confetti colonial fraîchement « départementalisé », c’est bien l’État français qui a tué. Depuis le 27 septembre c’est la grève générale et la situation est quasi-insurrectionnelle sur la majeure partie de l’archipel. Les manifestations contre la vie chère, les barrages à la manière des piqueteros argentins, sont quotidiens. Le mercredi 19 octobre dernier c’est un homme de 39 ans qui mourrait après avoir subi un tirde flash-ball à bout portant.

Peu avant un jeune garçon de 9 ans avait perdu un œil dans des circonstances similaires. Et ce sont encore plus de forces policières et militaires qui sont acheminées sur place pour mater la mobilisation des travailleurs, des travailleuses et du peuple de Mayotte. Scénario qui rappelle les modalités que met généralement en œuvre l’Etat français pour « gérer » les « événements » dans les colonies. Le silence médiatique est assourdissant et comme souvent peu de cas est fait des hommes et des femmes qui se battent pour leurs droits dans les colonies.

On se souvient des morts de mai 1967 en Guadeloupe, de ceux de la Grotte d’Ouvéa de mai 1988 en Kanakie. Et bien sûr de ceux d’Octobre 1961, algériens manifestants à Paris pour l’indépendance.

L’État français est loin de reconnaître ses responsabilités dans les meurtres commis envers des populations qui n’ont pas la chance d’être « métropolitaines ».

Le colonialisme a la vie dure : qu’il crève.

Alternative Libertaire, le 25 octobre 2011

 
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