Edito : L’épaisseur des révoltes

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Les raccourcis sont toujours confortables. Ainsi les gilets jaunes ne seraient qu’un ramassis de « fachos » et de « beaufs ». Biberonné.es à une lecture simplifiée de l’histoire révolutionnaire, certaines et certains aimeraient que la réalité soit aussi simple.

La sécurité de l’entre-soi militant est puissante. Pourtant, chaque révolte possède sa propre épaisseur, mêlant contradictions sociales et politiques dans un bouillonnement hétérogène. C’est ainsi, et la clarification est un chemin difficile pour faire émerger la conscience de classe. Mais les attitudes méprisantes à l’égard d’une colère populaire sont catastrophiques et ne font que renforcer les « fausses consciences » et les illusions.

Le mouvement des gilets jaunes est une vraie révolte populaire, avec une dimension de classe évidente, mais dont la coloration politique dépend des contextes locaux. Le pire y côtoie le meilleur. Que la lèpre fasciste et nationaliste infecte plusieurs points de la mobilisation et affleure dans les propos d’une partie des gilets jaunes n’a rien d’étonnant au vu du contexte politique actuel.

Mais croire que l’extrême droite pourrait monopoliser une lutte populaire d’ampleur est un incroyable aveu de faiblesse. Numériquement bien plus nombreuses, les forces syndicales, associatives et politiques devraient être en capacité de proposer une clarification politique de cette révolte.

Au lieu de pointer un doigt accusateur, le mouvement social devrait tendre une main fraternelle.

Alternative libertaire, le 25 novembre 2018

 
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