Édito : Les fumiers doivent payer

Version imprimable de cet article Version imprimable


Depuis début mai se tient le procès de France Télécom et de sept anciens dirigeants pour « harcèlement moral et complicité ».

En 2009 le syndicat SUD-PTT avait porté plainte suite aux multiples suicides de salarié·es qui se révélaient être la partie émergée de l’iceberg d’un véritable harcèlement moral institutionnalisé.

En effet, en 2006 le nouveau PDG, Lombard, avait exigé, devant une assemblée de chefaillons, le départ de 22 000 salarié·es de l’entreprise et précisé que ceux-ci se feraient «  par la fenêtre ou par la porte  ». Traduction dans les faits  : des humiliations, des mutations brutales, du harcèlement et des vies brisées. Celles et ceux qui craquent sont qualifié·es de «  fruits trop mûrs ou pourris  » par les chefaillons.

Ce procès en dit long sur la logique de la pressurisation du travail et d’un management obsédé par la réduction de la masse salariale... au prix du sang. Cette logique mortifère structure l’économie capitaliste privée ou publique que ce soit dans l’industrie, à la SNCF ou ailleurs.

Mais les fumiers doivent payer d’une manière ou d’une autre. Car l’impunité constante dont ils bénéficient (le procès se déroule dix ans après la plainte  !) ne fait que normaliser et alimenter la violence qu’ils exécutent. Ce procès permettra au moins de mettre celle-ci à nue et d’en dévoiler les mécanismes et ainsi de rappeler, au-delà, la nécessaire destruction du capitalisme.

Alternative libertaire, le 23 mai 2019

 
☰ Accès rapide
Retour en haut