Edito : Leur légalité n’est pas la nôtre

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« Je ne laisserai pas faire des choses comme ça. »

Ces « choses » que Sarkozy ne veut pas laisser faire ce sont les séquestrations de dirigeants d’entreprises, voire de cadres supérieurs. À Sony, Caterpilar, 3M, les ouvrières et les ouvriers ont séquestré des cadres ou des directeurs qui, jusque-là, ignoraient les luttes et se dispensaient de toute négociation. Les travailleurs et les travailleuses ont en commun d’être les « victimes » de la crise. Les « séquestrés » ont, eux, en commun de sacrifier leurs salarié-e-s sur l’autel du profit.

Que les patrons ou leurs séides soient une fois, et pour quelques heures, des « otages » ; qu’ils se voient dans l’obligation de faire face à la colère de celles et ceux qu’ils méprisent quotidiennement, n’est finalement que juste retour des choses.

Evidemment, le Medef s’offusque et Sarkozy joue le matamore.

Ils n’empêcheront pas que, face aux destructions d’emplois, ces actions se développent.

Car les séquestrations, les sabotages, sont l’affirmation d’une autonomie ouvrière qui se manifeste aujourd’hui dans les luttes. Oui, le répertoire d’action choisi est légitime. Car la véritable violence c’est celle des licenciements, c’est celle du profit et du capitalisme. La légalité des patrons n’est certainement pas la nôtre.

En bousculant les hiérarchies établies, les salarié-e-s en lutte remettent en cause le sacro-saint pouvoir patronal. En affirmant leur droit l’entreprise, ils ouvrent la voie à la reprise en main de l’outil de production. De l’occupation à la réquisition-autogestion des boîtes qui licencient, le pas peut être franchi.

« On fabrique, on vend, on se paie », proclamaient les LIP en 1973 : voilà le droit des travailleurs.

Alternative libertaire, le 23 avril 2009

 
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