Edito : Leur patrimoine et le nôtre

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La vie politique française vient de connaître un tsunami : nous avons découvert que la caste politicienne était riche ! Et en plus, elle cherche à le rester en planquant son argent en Suisse ou dans d’autres territoires exotiques… Grand branle-bas dans les rédactions : les journalistes, politologues et autres professionnels du commentaire sont horrifiés par ce manque de « morale » et craignent subitement que cela ne fasse le jeu du FN.

Pourtant, lorsqu’il s’agissait de réclamer plus de fermeté contre ces méchants immigrés qui osent venir squatter nos bidonvilles, personne n’a suspecté un risque de renforcer les partis racistes.
Ce sont naturellement les mêmes qui regrettent à chaque élection que le peuple ne fasse plus confiance à ses élites, qu’il ne se sente plus représenté et qu’il glisse vers le « populisme » (notion d’autant plus utile qu’elle est floue).

Ce sont toujours les mêmes qui évoquent avec nostalgie la bonne bourgeoisie morale des temps anciens… quitte à oublier les innombrables scandales qui font partie du patrimoine des Républiques successives depuis au moins la fameuse affaire de Panama.

Plutôt que des gémissements sur la moralité perdue des politiques, après celle des traders, l’affaire Cahuzac et le grand déballage de patrimoine devraient mettre en question la notion de représentativité politique. Mais bien sûr, parlez-leur démocratie directe et ils vous hurleront : « Populisme ! »

Pour la gauche, il n’y a pourtant que deux possibilités : espérer qu’une classe de millionnaires initie une politique d’égalité sociale ou cesser de déléguer nos affaires à cette bourgeoisie et mettre en place des assemblées souveraines ! Rappelons-nous que la démocratie directe et le mandat impératif, c’est notre patrimoine.

Alternative libertaire, le 23 avril 2013

 
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