Edito : Stratégie du choc

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La situation est grave ! C’est la crise… Il va falloir faire des sacrifices. Les caisses sont vides… etc. Il ne nous reste donc qu’à nous résigner et accepter notre triste sort. La France est en passe de battre son record historique de chômage avec près de cinq millions de personnes officiellement sans emploi toutes catégories confondues. C’est la crise, on vous dit !

Quel meilleur moment pour accélérer le processus bien rodé de destruction des droits, de réduction des services publics et autres thérapies libérales dignes de la médecine du Moyen-Âge ? Dans ce marasme ambiant, qui oserait s’y opposer ?

Effectivement, la belle machinerie bureaucratique parait bien huilée. Pôle emploi radie les chômeurs et les chômeuses de façon automatisée. Les coupes budgétaires dans le budget des États-Unis sont appliquées automatiquement.

Et la valse des expulsions des locataires reprend comme tous les ans avec le retour du printemps. Après tout, les Roms ont pu bénéficier d’un processus ininterrompu d’expulsions durant tout l’hiver, comme aux plus belles heures des sinistres Hortefeux et Guéant.

Tout va bien dans le meilleur des mondes capitalistes, jusqu’à ce que de multiples grains de sable viennent enrayer la belle machine. Comme en Espagne, les mobilisations populaires peuvent empêcher les expulsions des locataires, des sans-papiers, des Roms. Comme à Goodyear, les prolos résistent encore aux fermetures d’usines et les projets de reprises en coopératives se multiplient. Finalement la stratégie du choc ne fonctionne que si nous sommes en état de choc…

Alternative Libertaire le 29 mars 2013

 
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