Editorial : Pour la grève générale

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Un spectre hante le syndicalisme, celui de la grève générale. « Stupidité » selon Bernard Thibault, elle est pourtant bien au contraire pour de nombreuses et nombreux salarié-e-s une nécessité. Le mouvement contre
le projet de loi antisocial sur les retraites l’a vu ressurgir. 1968, 1995, 2003… si « l’idée » de grève générale reste aussi présente dans notre histoire sociale c’est qu’elle fait partie du patrimoine génétique du mouvement ouvrier hexagonal.

À l’aube du XXe siècle, les fondateurs de la CGT, alors syndicalistes révolutionnaires, proposaient également
la grève générale comme objectif stratégique central dans la lutte des classes. Pourquoi ? Parce que la grève générale, c’est l’expression de la substance même du combat de classe. C’est quand les travailleurs et les travailleuses croisent les bras. Quand les transports s’arrêtent.
Quand les communications s’interrompent. Quand le pétrole n’est plus raffiné. Quand les écoles n’ouvrent plus. Quand les usines cessent de produire.

La grève générale c’est l’expression de la capacité de notre classe à faire tourner la société.

Sans nous rien ne marche : nous ne sommes rien, soyons tout. CQFD.
Voilà pourquoi cette « proposition » de classe reste belle et bien vivante, même si elle est redéfinie, même si elle trouve dans chaque conflit une forme différente.

La grève générale reste pour nous, syndicalistes et révolutionnaires, une ligne à suivre, un possible à travailler avec toutes celles et ceux avec qui nous luttons chaque jour.

Alternative libertaire, le 26 septembre 2010

 
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