Education : Cure de désintox pour les ZEP

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De janvier à mars une partie des établissement ZEP s’est mobilisée en région parisienne contre la réforme annoncée par Vincent Peillon, la suppression et le manque chronique de moyens. Retour sur ce mouvement.

C’était magnifique : mi-janvier le ministre de l’Éducation nationale annonçait « refonder l’éducation prioritaire ». Les moyens humains allaient enfin servir à celles et ceux qui en ont le plus besoin, c’était la priorité des priorités. On sentait bien la refonte en profondeur : les ZEP deviennent des REP (zone remplacée par réseau). Si ça c’est pas un changement important ! Et puis il était annoncé que tous les enseignants et enseignantes de ZEP allaient travailler 10 % de moins devant les élèves pour avoir plus de temps pour les suivis et les tâches annexes (qui se multiplient ces dernières années). Ça devait être vrai puisque repris en boucle dans les médias. Évidemment il n’en était rien. Seuls 30 % des établissements ZEP sont concernés par les mesures dites « REP+ » et dans ces REP+ la majorité des personnels (agents, surveillants, une partie des enseignants...) n’est pas prise en compte. Le plan c’est 400 millions d’euros pour les REP de 2014 à 2017. Dans le même temps le gouvernement annonçait un milliard d’euros pour « moderniser le rafale » sur la même période  [1]. Au-delà des personnels ce sont les mômes qui morflent. Mais rassurez-vous braves gens, ce ne sont que des enfants du prolétariat, pas des gosses de ministres ou de grands patrons qui viennent dans nos établissements. Une armée de chômeuses et chômeurs en puissance. Et c’est bizarre, mais il n’y a pas beaucoup d’écho du point de vu des gouvernants à la question d’avoir les moyens de travailler dans les établissements scolaires pour construire l’émancipation et l’autonomie des enfants et adolescents...

Au mouvement, quelques acquis

En janvier et février, c’est le moment où les établissements prennent connaissance des moyens horaires et humains dont ils disposeront à la prochaine rentrée de septembre. Et là ça coince : les baisses sont nombreuses. La déception et la colère sont fortes. Dans les Hauts-de-Seine (92) des établissements se mobilisent, pas qu’en ZEP d’ailleurs, sur la baisse des moyens. Plus vu depuis longtemps à cette ampleur. La Seine-Saint-Denis (93) suit à partir de début février et tente la convergence avec le 92. Une manif à 1 500 sur Paris, une AG des personnels mobilisés de 150 personnes qui se réunit le 13 février. Les vacances scolaires (seconde quinzaine de février) vont casser le rythme : la reprise est difficile en mars pour le 92, et le mouvement ne s’élargit pas dans le 93 (seulement une quarantaine d’établissements en grève sur les journées coordonnées). Dans le même temps le Snes-FSU essaye de retirer ses billes de la mobilisation, mettant en concurrence la date interprofessionnelle du 18 mars avec la mobilisation en propre dans l’enseignement. Et si des journalistes font des reportages, le problème n’intéresse pas leurs hiérarchies qui les refusent. A ce mouvement qui n’a pu s’élargir et gagner sur ses revendications, quelques acquis cependant. Le plus important est le développement/renforcement des liens avec les parents d’élèves qui ont largement participé à la bataille (collèges déserts ou bloqués, nuit des collèges, présence aux manifestations...). À Saint-Denis  [2] par exemple, il est question de constituer un collectif qui permette de conserver les liens et de préparer entre personnels et (parents d’)usagers la prochaine rentrée qui s’annonce catastrophique.

Simon Laviec (AL Saint-Denis)

[1Concernant l’analyse syndicale de la réforme des ZEP, les revendications du mouvement voir http://www.sudeduccreteil.org/

[2Sur cette ville la mobilisation a été particulièrement forte. Voir le site zepencolere.org

 
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