Education nationale : Une prise en charge du handicap au rabais

Version imprimable de cet article Version imprimable


L’Éducation nationale, le plus mauvais employeur, ce n’est pas qu’une formule, c’est aussi une réalité. Illustration avec les auxiliaires de vie scolaire et les accompagnants des élèves en situation de handicap.

Leur salaire s’élève à environ 700 euros pour 20 heures ; employé-e-s à moindre coût, y compris à moindre coût social, ils, majoritairement elles, accompagnent les enfants en situation de handicap dans les écoles, collèges et lycées : AVS (auxiliaire de vie scolaire), AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) sont au nombre de 76 000. La plupart sont recrutés en CUI (contrat unique d’insertion) ou CDD. Soit deux ans maximum pour un CUI et trois ans maximum renouvelable une fois pour un CDD.

Embauché-e-s avec un baccalauréat minimum, mais souvent licence ou plus, les AVS/AESH doivent assurer de nombreuses missions et pas des moindres : adapter la pédagogie des enseignants et enseignantes au handicap de l’enfant qu’ils accompagnent, assister aux réunions pluridisciplinaires pour mettre en place un projet d’accueil de l’élève dans ­l’école, s’informer, se documenter sur le handicap spécifique de l’enfant dont ils s’occupent, aider l’enfant à la bonne mise en œuvre de son intégration sociale avec ses camarades, avec le personnel de l’école, faire le lien entre les parents et l’école, aider l’enfant à aller aux toilettes, s’habiller, etc.

Temps partiel imposé, parodie de formation, mise à disposition des collectivités pendant les vacances ou le mercredi, suivi professionnel inexistant, frais de déplacement (avec véhicule personnel) entre les établissements très peu ou pas remboursés, aucune indemnité de service et, cerise sur le gâteau, non-respect du droit du travail (notamment en ce qui concerne les heures supplémentaires non payées, la modulation imposée aux CUI) et management toxique.

Personnels temporaires, flexibles, sous-payés

Depuis la loi du 11 février 2005 (loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées) qui pose le principe du droit à la scolarité de tout enfant ou adolescent handicapé dans l’établissement scolaire le plus proche de son domicile, l’État a obligation à mettre en place les moyens financiers et humains nécessaires à cet objectif. Dans un contexte de capitalisme sauvage et d’austérité budgétaire, les différents gouvernements ont multiplié les emplois précaires dans l’éducation nationale : personnels temporaires, flexibles, sous-payé-e-s, à la merci de la hiérarchie.

Car il n’est pas aisé pour ces personnels de revendiquer : job d’appoint très utile pour quelques-uns afin de terminer leurs études mais surtout emploi « inespéré » après de nombreuses galères pour les autres. La peur de perdre ce maigre salaire, l’angoisse de l’exclusion ou d’avoir à affronter la hiérarchie sont très fortes. Et ce n’est pas la cédéisation des AESH qui va modifier la donne : les personnels sont statutairement reconnus et assurés d’un emploi …mais rétribués au Smic avec aucune évolution de carrière, et toujours corvéables à merci.

Le retour au prolétariat du XIXe siècle quand le salaire permettait tout juste de vivre dans la misère !

AL Tarn

 
☰ Accès rapide
Retour en haut