syndicalisme

En direct du congrès CGT : Les oscillations de l’applaudimètre (jour 1)

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Premier jour du 51e congrès confédéral CGT. La CFDT, le PS et le triste Thierry Lepaon copieusement hués ; Goodyear, Fralib, Air France salués ; Philippe Martinez évoque prudemment la grève générale et la stratégie des alliances... Un rendu sur le vif, au jour le jour, par le blog des Communistes libertaires de la CGT.

C’est au groupe musical Zabo qu’il revenait de donner le ton du congrès dans une interprétation pétillante d’une chanson de Georges Moustaki, Je voudrais sans la nommer vous parler d’elle, une chanson écrite en 1969 à la gloire de la révolution permanente !

Un cran en-dessous du symbole, le secrétaire de l’UD des Bouches-du-Rhône, dans son discours d’accueil, faisait applaudir les luttes emblématiques menées sur son territoire, en particulier celle des Fralib. [...]

La commission des mandats donne quelques éléments sur la composition du congrès. [...] A noter un léger recul de la féminisation à 41% des congressistes. Et si 55% des délégués viennent du privé, seulement 22% sont ouvriers pour 36% d’ingénieurs, cadres et techniciens.

Les salutations soporifiques de la Confédération européenne des syndicats (CES) et de la Confédération syndicale internationale (CSI) ne furent l’objet d’aucune réaction de la salle. En revanche l’annonce des invités présents furent un moment très réactif : Thierry Lepaon fut copieusement hué alors que Bernard Thibault et Louis Viannet furent applaudis. L’Unsa et plus encore la CFDT furent huées alors que la FSU fut modérément applaudie et l’UNL vigoureusement saluée.

Au PS le record des huées avec bronca pour le retrait de la loi travail alors que le PRG passa au travers des gouttes (faute d’être identifié probablement par les congressistes...). LO fut applaudie poliment et le PG aussi, Mélenchon suscitant un surcroît d’applaudissement tempéré par quelques sifflets... La LDH, la CNL et le Mouvement de la paix furent salués également par les congressistes.



Discours d’intro : mettre la grève en débat

Le discours du secrétaire général, Philippe Martinez, clou de la première journée, reçut un bon écho. Habilement, il n’oublia personne, des syndicalistes réprimés (les Goodyear et Air France seront accueillis jeudi pour un temps spécial libertés syndicales ajouté à l’agenda du congrès) aux grévistes de Mayotte. De la continuité syndicale des retraités à la Palestine, de la Grèce à Nuit Debout... en passant par les 32 heures qui pourraient créer plus de quatre millions d’emplois.

Sur les sujets brûlants il se montra également habile.

Sur la CES et la CSI, il déclara, sans provoquer de réaction dans la salle, que la CGT devait apprendre des autres expériences sans renoncer à défendre ses principes.

Sur la lutte contre la loi Travail, il répéta que la grève générale ne se décrète pas mais précisa qu’elle se construit dans les AG dans les entreprises et qu’il faut mettre la grève en débat, y compris la grève reconductible (faibles applaudissements dans la salle). Ce qui n’est pas faux sauf qu’il est plus facile de la mettre en débat avec un appel clair des directions confédérales...

Novembre : 2009 : lors d’un meeting des ouvrières sans papiers au siège confédéral, à Montreuil
cc JMB/Photothèque rouge

La politique des alliances : une autocritique

Sur le « syndicalisme rassemblé », la salle fut plus réactive. Martinez se livra à une autocritique qui infléchit l’interprétation du document d’orientation dans le bon sens, en affirmant que la recherche de l’unité était juste en soi mais qu’après le 45e congrès confédéral, en 1995, la CGT avait commis une erreur de privilégier la CFDT. Précisant que contre la loi Travail, la CGT a proposé à tous mais n’avance qu’avec les syndicats qui partagent l’objectif du retrait de la loi. Si l’on oublie le premier communiqué signé avec la CFDT et consorts, la séquence lui rend en effet justice.

Curieusement, le discours de Martinez ne s’est pas achevé sur le point d’orgue que devrait constituer la journée d’action nationale du 28 avril, mais sur les questions de fonctionnement de la CGT et la nécessité de réformer ses structures, martelant qu’une décision prise collectivement doit s’imposer à toute la CGT. Le débat qui s’ouvre sur les nouvelles structures régionales, qui risquent de devenir des super-préfets limitant l’autonomie des syndicats et le fédéralisme, est donc placé au cœur des travaux du congrès.

 
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