Foire à l’autogestion : Et maintenant, quel avenir ?

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Pour se pérenniser, l’événement doit attirer aussi bien les milieux militants que le grand public. Il remplira alors pleinement son rôle politique, en faisant réexister l’idée d’autogestion dans le débat public.

La 1re édition de la Foire à l’autogestion a donc été un petit succès. Elle a atteint ses objectifs en termes de participation de structures, de fréquentation du public, d’autofinancement, et… d’auto-organisation. C’est une bonne base pour continuer et en faire un événement qui compte dans le paysage politique.

Pour que le concept marche, la Foire doit chercher à fidéliser deux publics complémentaires : d’une part le public politisé ; d’autre part le « grand public ».

Le premier, familier des fêtes militantes, des contre-sommets, des meetings et autres forums sociaux, prendra l’habitude de venir à la Foire si elle sait conserver son originalité, sa forte identité autogestionnaire, se montrer exigeante sur le contenu et devenir un carrefour des luttes, des pratiques et des idéaux. Coopérateurs, syndicalistes, associatifs et politiques – on peut être les quatre à la fois – doivent pouvoir s’y rencontrer, débattre et repartir avec des contacts en poche.

Un tremplin vers l’action

Le second, qui ignore jusqu’au mot d’autogestion, est le public le plus vaste. Pour lui, la Foire peut n’être qu’un festival de plus parmi ceux qui se multiplient au printemps en Seine-Saint-Denis. Mais chaque année, quelques centaines de curieuses et de curieux, guidés par la seule envie de passer un samedi ou un dimanche sympa, peuvent franchir les portes de la Foire et finir par écouter un débat, acheter un bouquin ou prendre part à un atelier pratique. Plus il y en aura, plus notre audience s’élargira. Nous aurons sensibilisé à nos idées et créé la possibilité d’engagements nouveaux.

Pour cette 1re édition, un certain nombre sont d’ores et déjà venus. Les camarades qui tenaient l’accueil en savent quelque chose, pour avoir été plus d’une fois été confronté-e-s à des groupes qui demandaient tout de go : « C’est quoi l’autogestion ? » C’est encourageant, mais il faudra que la Foire devienne encore plus attractive. Elle mérite un public plus varié. Il y aurait certainement des choses à faire en direction des foyers de travailleurs migrants – il y en a plusieurs à Montreuil.

Il reste donc plein d’idées à trouver pour enrichir l’événement. On peut espérer, l’an prochain, de bonnes et solides assemblées générales de préparation. Cela évitera qu’un noyau organisateur soit accaparé chaque année par la tâche, au détriment de nos investissements syndicaux, politiques ou associatifs. La Foire à l’autogestion, aussi sympathique soit-elle, ne peut pas devenir en but en soi, ou un hobby. Elle doit être un carrefour des luttes et des alternatives, voire un tremplin vers l’action.

Pour l’heure, sa notoriété ne dépasse pas le voisinage et les milieux initiés. Mais si elle s’installe dans le paysage, il se peut que, d’ici quelques années, la Foire attire la presse, de la même façon que celle-ci a pris l’habitude de couvrir la Fête de l’Huma ou la Fête de LO. Nous aurions alors permis que le mot « autogestion » fasse sa réapparition dans l’espace public. Et qu’il soit sous les feux de la rampe chaque année pendant un week-end… Ce serait un point d’appui non négligeable pour l’anticapitalisme.

Guillaume Davranche (AL Montreuil)

 
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