Europe : Les communistes libertaires resserrent les liens

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Six organisations communistes libertaires d’Europe de l’Ouest se sont réunies à Paris les 6 et 7 février. Deux jours de retrouvailles attendues, à la fois productives et conviviales.

Les organisations européennes adhérentes au réseau communiste libertaire international Anarkismo s’étaient donné rendez-vous les 6 et 7 février à Paris. On trouvait là la Federazione dei comunisti anarchici (FdCA, Italie), Liberty & Solidarity (L&S, Grande-Bretagne), Workers Solidarity Movement (WSM, Irlande), l’Organisation socialiste libertaire (OSL, Suisse), Motmakt (« Contre-pouvoir », Norvège) et Alternative libertaire (France).

La rencontre a d’abord été l’occasion de faire le point sur l’état du mouvement communiste libertaire en Europe. Il est en cours d’élargissement puisque deux des six organisations représentées, L&S et Motmakt sont très jeunes et s’efforcent de se développer sur des bases solides, de même que dans d’autres pays (au Danemark, en Allemagne...). L’enjeu principal était de faire avancer la structuration du courant communiste libertaire à l’échelon européen. Le principe en est acté. Un groupe de travail est chargé d’en proposer les modalités.

Quinze ans après Ruesta

Cela fait plus de quinze ans qu’AL s’efforce d’avancer dans ce sens. Les rencontres internationales libertaires de Ruesta (Espagne) en 1995, les mobilisations altermondialistes et anti-guerre, le précédent qu’avaient constitué le réseau Solidarité internationale libertaire en 2001 et surtout la création du portail Anarkismo.net en 2005 ont été des étapes importantes.

Bien évidemment, la constitution d’une telle coordination relève de la gageure pour les plus petites organisations, mais tout le monde est conscient qu’un tel outil bénéficiera à tout le monde, tant il est vrai que l’on progresse au contact d’autres organisations et pas en se repliant sur ses propres frontières.

Outre ce projet à moyen terme, plusieurs initiatives plus immédiates ont été mises en place. D’abord, la rédaction d’un rapport d’activité annuel à destination des organisations partenaires a été décidée : simple mais potentiellement efficace.

De plus, des groupes d’échange et de discussion autour des thèmes du syndicalisme, de l’Union européenne et de l’espace Schengen ont été constitués dans le but de produire des textes d’analyses et de propositions pour la prochaine rencontre.

Enfin, une campagne autour des travailleuses et des travailleurs migrants a été décidée et sera menée dans le courant de l’année. La majorité des délégations s’est entendue sur le caractère crucial d’un travail spécifique sur les migrantes et les migrants en tant que fraction du prolétariat soumise à l’oppression raciste et utilisée en tant que telle par le patronat, les États et l’Union européenne. Sur cette question, huit revendications-clefs ont fait consensus dont la liberté de circulation et d’installation des travailleurs est la clef de voûte. Une affiche en plusieurs langues sera réalisée.

L’enjeu est maintenant que les militantes et militants d’AL se saisissent de cette campagne, qui sera le prolongement politique du travail déjà important réalisé dans le soutien et l’organisation des grèves de sans-papiers depuis 2008.

Plus généralement, l’intégration systématique de la dimension internationale dans nos réflexions et nos stratégies est également un enjeu, que cette rencontre et les initiatives qui la suivront devraient faciliter.

Au lendemain de cette rencontre, il y a tout lieu d’être satisfait. Les six organisations présentes le mois dernier, et espérons-le d’autres encore, se retrouveront normalement l’an prochain à Paris ou à Londres, pour tirer le bilan des initiatives engagées et poursuivre la construction de cet embryon de structure internationale.

Le secrétariat international d’AL

 
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