Extraction offshore : Un sommet pétrolier perturbé à Pau

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Les 5, 6 et 7 avril 2016 se tenait à Pau un sommet du pétrole offshore, réunissant les grands acteurs de l’extraction du pétrole en mer, invités par Total. Un évènement qui ne pouvait rester sans réponse.

Plusieurs organisations avaient appelé à bloquer et perturber le sommet du pétrole offshore tenu début avril à Pau, principalement Action Non-Violente COP21 (ANVCOP21), Alternatiba, 350.org, Les Amis de la Terre, Attac France, Bizi !, Emmaüs Lescar Pau, Nation Océan, Surfrider Foundation, Chrétiens unis pour la terre... Cet appel est une des suites du contre-sommet de la COP21, puisque les réseaux organisateurs s’y sont rencontrés, et c’est aussi la première action de masse liée au réchauffement climatique qui a lieu en France depuis.

Ainsi près de 500 militants se sont réuni-e-s sur un camp au Village Emmaüs Lescar-Pau durant sept jours. Au programme, plusieurs actions non violentes : militants et militantes menotté-e-s aux tables de négociation, couché-e-s devant les voitures des congressistes, bloquant un hôtel 5 étoiles abritant les participants au sommet…

Car la non-violence radicale est brandie comme stratégie par les organisateurs et organisatrices, notamment les membres d’ANV COP21 qui en font un cheval de bataille. Un des objectifs de cette stratégie est de permettre à tout le monde de participer aux actions – c’est ainsi qu’on a vu un homme en déambulateur braver l’important dispositif policier, aux côtés d’autres activistes déterminé-e-s – et donc de massifier la participation à de tels événements, pour accroître la capacité de « nuisance » du mouvement. C’est aussi ce qui explique que le blocage du sommet ait été communiqué six semaines avant sa tenue, malgré la certitude d’affronter des mesures de sécurité renforcées.

500 000 litres de fuel dans un ruisseau

Cette volonté d’ouvrir l’activisme à toutes et tous a porté ses fruits : beaucoup de participants menaient leurs premières actions. Des formations ont été mise en place dans le village, sur les pratiques non-violentes bien sûr, mais aussi sur la stratégie, les risques juridiques et physiques, le changement climatique. Évidemment ce pacifisme affirmé n’a pas empêché la police de réprimer fortement les actions, et au fil des jours on a vu revenir des activistes en béquilles ou avec un œil bandé, mais toujours déterminé-e-s. De la détermination il en faudra, car pendant ce temps la pollution « ordinaire » s’amasse toujours.

Début avril en Loire-Atlantique, aux abords du marais de la Brière, un oléoduc reliant la raffinerie de Donges à la ville de Rennes s’est rompu, laissant se déverser entre 380 000 et 500 000 litres de fuel dans un ruisseau. Dix maisons ont du être évacuées et un lac est complètement pollué. Une autre rupture d’oléoduc s’est produite fin avril dans la Méditerranée et a laissé s’échapper une nappe de pétrole de 2 km de long et 500 m de large. Mais la pollution « ordinaire » des pétroliers, c’est aussi et surtout celle qui se produit au plus près de l’extraction du pétrole, comme depuis des décennies dans le delta du Niger, à cause des fuites provenant des puits et oléoducs de Shell.

Éric (AL Auvergne)

 
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