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Fukushima tue encore. Finissons-en avec le nucléaire !

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Malgré les dénégations du gouvernement japonais, le nombre de cancers décelés dans la population est en nette augmentation. Les mensonges quant à la décontamination de la zone sont inacceptables.

Après six ans de travaux dantesques pour au moins éponger les fuites radioactives d’une centrale toujours impossible à approcher, sauf par des robots et encore, le constat est là : on ne sait toujours pas « gérer » un accident nucléaire, parce que c’est impossible.

Société du risque absolu

En 2016 on découvrait que 90% du césium radioactif émis par les réacteurs fondus entre eux l’étaient sous forme de microbilles de verre, dont la demi-vie (temps au bout duquel la radioactivité se divise par deux) est de trente ans au lieu de deux ans sous une autre forme. On en a retrouvé jusqu’à Tokyo !

En février 2017, on enregistre des taux de radioactivité record au cœur de la centrale et on vient à peine de diminuer les fuites d’eau contaminée dans l’océan (300 m3 par jour de 2011 à 2016).

Et pourtant, le Japon « décontamine » à grands frais la zone depuis 2013, et incite les populations déplacées à retourner vivre dans le canton de Fukushima, à consommer ses légumes, et à accepter finalement de vivre dans une région qui tue comme si rien ne s’était passé. Le Japon consacre chaque année plus de 10 milliards d’euros tant en propagande qu’en gestion de crise.


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Fuite en avant

Pourtant rien ne change dans la volonté de nos dirigeants d’imposer le nucléaire partout. Rien ne semble pouvoir affaiblir le puissant réseau de lobbies, d’industriels et de technocrates du nucléaire, qui s’attachent à nous le rendre indispensable parce qu’il est lié à des empires capitalistes.

Ainsi au Japon, l’Autorité de régulation nucléaire a décidé main dans la main avec Tepco, la multinationale qui exploitait Fukushima, de redémarrer des réacteurs vieux de 20 ans en dépit des risques sismiques et liés à l’usure. En France, on s’obstine avec l’EPR de Flamanville, prévu maintenant pour 2018.

Quant à l’arme atomique et au nucléaire militaire, on n’est pas près d’en voir le bout... L’Organisation des Nations unies essaie, en mars 2017, d’entamer un processus vers la criminalisation des États détenteurs de l’arme. Mais lors de la présentation de la motion, en octobre 2016, tous les pays nucléarisés et leurs satellites diplomatiques (38 États en tout) ont voté contre...

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cc Surian Soosay

Incompétence et duplicité

Or ce n’est pas seulement la gestion des catastrophes qui pose problème. Le nucléaire est surdimensionné à un tel point que, dès la fabrication, on a à peine la capacité de produire de telles centrales, comme en atteste l’épisode des malfaçons dans la cuve de l’EPR.

Surtout, derrière les slogans de gestion des risques en amont, la réalité de l’industrie nucléaire, c’est notamment le laxisme sur les conditions de sécurité : on construit ou on prolonge sur des sites sismiques (Japon), on utilise du MOX (plus polluant) en dépit des contre-indications. Enfin, en bout de chaîne, on bricole des projets délirants d’enfouissement de déchets hautement toxiques, comme à Bure où, heureusement, la résistance s’organise !

 
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