Gard : Transports à l’arrêt, lutte en marche

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Le Gard a connu en avril une importante grève dans les transports interurbains. En cause : les salaires. Retour sur ce mouvement qui montre la force de la solidarité.

En avril, à Nîmes, dans une entreprise de transport routier de voyageurs gérée par Transdev, les salarié-e-s ont fait vingt-deux jours de grève pour obtenir une augmentation salariale. Comme bien souvent, c’est l’échec des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui est à l’origine du conflit. La direction de la Société des transports gardois (STDG) évoque la nécessité de ne pas augmenter les salaires pendant cinq ans, afin de conserver sa « compétitivité », et appelant par courrier chacun des 200 salarié-e-s à leur responsabilité de ne pas faire grève.

Le 27 avril, la grève commence et durera… pour gagner « quelque chose ». Les journées de grève seront rythmées par la tenue du piquet de grève, une manifestation devant des lieux publics (gare routière, préfecture, conseil général)… Vingt-deux jours de grève, c’est long et difficile pour les grévistes, il y aura tout de suite le soutien de Solidaires Transports et des différentes unions départementales Solidaires et CGT.

À partir de la deuxième semaine, Sud rend public le fait que l’entreprise n’est pas du tout pénalisée puisque le contrat de la DSP prévoit qu’elle peut continuer à percevoir les subventions publiques durant la grève. C’est à partir de la troisième semaine de grève qu’un médiateur apparaît et que le patron de la STDG va proposer une augmentation de salaire égale à 0,6 %. Dans le même temps, la direction n’hésite pas à traîner les salariés en justice pour entrave à la liberté de travail. La direction sera déboutée au vu du peu d’éléments qu’elle aura pu présenter… Enfin, le 18 mai, lors d’une nouvelle réunion de médiation, un accord est trouvé et proposé aux grévistes qui décident d’accepter : 0,6 % d’augmentation, une prime de 300 euros et deux jours de grève payés.

Quel bilan de cette grève ? Côté positif, la grève a été massive, il y a eu unité syndicale, l’animation quotidienne du mouvement a été importante, avec des débats où chaque salarié-e a pu écouter et donner son avis sur des sujets qui sont habituellement réservés aux « délégués ». Des discussions qui permettent de comprendre que les pouvoirs publics abandonnent leurs prérogatives aux grands groupes privés tournés vers la recherche de plus de profits.

Solidaires contre le capital

La solidarité a été efficace, les salarié-e-s ont pu bénéficier d’un soutien interprofessionnel : Solidaires Gard, Union Solidaires Transports, Sud-Éducation, CGT Gard, FSU, et de certaines organisations politiques : AL, NPA, PG. Côté négatif, malgré la présence de Sud et CGT dans l’entreprise de transport urbain de Nîmes, aucune déclaration ou manifestation de solidarité avec les grévistes de la STDG n’a pu être mise en place.

L’année prochaine de nouvelles NAO se dérouleront et la direction aura la même litanie : pas d’inflation, pas d’augmentation des prix. Donc pas la peine d’augmenter les salaires pour garder la compétitivité.

Pourtant, les bénéfices des grands groupes ne cessent d’augmenter, souvent aidés par des fonds publics, comme le CICE ou grâce aux contrats de délégation de service public.

C’est à nous, organisations politiques et syndicales, de maintenir la mobilisation et d’expliquer aux salarié-e-s qu’une gestion des transports publics en coopérative est possible.

François (AL Gard)

 
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