dossier du n° de mai

Grenoble : Elu-e-s, la corruption du pouvoir en action

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Si Syriza ou Podemos ont déjà montré l’impasse de l’institutionnalisation des luttes, le cas grenoblois est encore localement exemplaire, avec la volte-face d’anciens camarades élu-e-s à la mairie.

Certains élu-e-s de la nouvelle majorité grenobloise ont mené campagne avec l’étiquette syndicale de lutte, ayant côtoyé activement le mouvement social, voire ayant participé à celui-ci avec implication et efficacité. Or, depuis qu’ils siègent à la mairie, on ne compte plus les retournements de veste dont nous citerons quelques exemples.

Alors que les partis politiques ou syndicats d’où qu’ils proviennent font partie de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions contre le colonialisme israélien, ces élu-e-s font la sourde oreille lors des rassemblements menés depuis 2014 pour exiger la fin du jumelage de Grenoble avec la ville israélienne de Rehovot, dont le maire appartient à l’extrême droite religieuse du pays. En septembre 2015, les associations grenobloises de solidarité avec la Palestine se sont vu refuser la lecture d’un texte au conseil municipal.

15 septembre 2015, sur le fronton de la mairie. Ce soir là, le conseil municipal sera envahit, pour cause de dialogue impossible.

Fin 2015, la mairie annonce purement et simplement l’expulsion de l’union syndicale Solidaires Isère de leurs locaux à Grenoble, en ne leur proposant à la place qu’une parodie de local. En novembre dernier, des syndicalistes appuyé-e-s par de nombreux soutiens ont envahi la mairie pour protester. Là encore, lorsque nous interpellions les anciens syndicalistes membres du conseil municipal pour leur rappeler d’où ils venaient, ils n’ont rien trouvé de mieux que des paroles de type « pirouettes » pour mieux embobiner leurs anciens camarades.

Sourde oreille

Le 31 mars, après la manifestation contre la loi travail, de nombreuses personnes ont été réprimées par les CRS pour être simplement restées dans un parc afin d’assister au programme Nuit debout interdite au dernier moment par la préfecture. Rassemblé-e-s devant la mairie pour partager avec les élu-e-s notre indignation, espérant qu’ils puissent faire pression sur la préfecture, nos anciens camarades ont fait encore une fois la sourde oreille et n’ont apporté aucun soutien. En poursuivant la manifestation dans les rues de Grenoble, la répression violente s’est soldée par une vingtaine d’arrestations arbitraires !



Alors que la mairie rouge-verte applique l’austérité aux associations culturelles et sportives vectrices de lien social, reniant ainsi le programme sur lequel elle s’est fait élire, nous ne pouvons qu’être encore plus convaincus que les élus ne représentent qu’eux-mêmes. Construisons un projet de société autogestionnaire, avec le communisme libertaire comme horizon et la démocratie directe comme vaisseau !

AL Grenoble

— image : cc tiré vidéo ville de grenoble


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