Intermittents : De nouveau sur scène

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Face aux nouvelles attaques du Medef, les intermittents se mobilisent. De nombreuses actions sont prévues, en lien avec les chômeurs et précaires. Le défi : créer l’unité et la solidarité dans les luttes pour réclamer de nouveaux droits et mener la guerre au patronat.

« Baisser le coût du travail », c’est le leitmotiv du Medef pour obtenir régulièrement des baisses des cotisations sociales. En 2003, après avoir offert trois milliards d’euros aux patrons, le gouvernement réforme la caisse d’assurance chômage afin de réduire son « déficit ». Or, ce pseudo déficit n’est que le résultat de l’enrichissement des patrons qui refusent de participer à la caisse de solidarité interprofessionnelle, inventée pour éliminer les pauvres, alors même qu’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé. En 2003, les boucs émissaires sont tout trouvés : les intermittents ! Le gouvernement des patrons va procéder, entre autres, à une grosse réforme des annexes 8 et 10, le fameux « sauvetage » du régime des intermittents. Résultat : l’exclusion de 35 % des ayant droit, en particulier les plus précaires et ceux du spectacle vivant, la baisse globale des indemnités chômage... sauf pour les très gros revenus ! Les renégociations des accords Unédic des années suivantes vont à chaque fois porter plus atteinte aux droits des plus précaires. Mais celles pour 2014-2017 portent un coup fatal : cette fois-ci il est carrément question de supprimer les régimes sociaux des intérimaires, des techniciens du spectacle et des artistes, en plus de la réduction des indemnisations et de l’augmentation des durées d’affiliation en lien avec les fluctuations du niveau du chômage.

De 2003 à 2014

Le goût amer de la réforme de 2003 est dans toutes les bouches. Les intermittents, souvent aux côtés des précaires et chômeurs s’étaient mobilisés en masse à cette période : actions directes, occupations... L’annulation du Festival d’Avignon en 2003 a d’ailleurs marqué les esprits. Cette fois-ci le Medef cherche toutes les stratégies possibles pour faire passer la pilule : il a reporté au dernier moment les négociations prévues du 13 mars au 20 mars 2014. Mais les intermittents ne se démontent pas, mobilisé-e-s depuis janvier, ils et elles ont maintenu la grève et les actions prévues les 12 et 13 mars : occupation de la Cour des comptes, du Medef, d’agence Pôle emploi... Puis le 18 mars avec les travailleurs, chômeurs et précaires, et encore le 20 mars pour accueillir le Medef. Ils réclament un système d’indemnisation juste et mutualisé, la garantie de droits et de revenus pour tous et toutes et le soutien au spectacle vivant et populaire face à la mercantilisation croissante de la culture. Ils veulent pouvoir vivre de leur art sans être soumis aux pressions capitalistes, faire de la culture un outil d’émancipation et non pas d’asservissement.

En 2003 le mouvement avait déjà dû affronter les stratégies de divisions entre artistes et techniciens du spectacle. Cette année, il est clair que les intermittents ne peuvent tourner le dos à l’unité du mouvement et en particulier avec les chômeurs et précaires aussi mobilisé-e-s. Cette lutte doit être aussi la nôtre et il faut être vigilant à ce qu’elle ne se termine pas par le bâillonnement de certains après l’obtention de quelques miettes par le patronat. Si de nombreux syndicats, collectifs et boîtes en grève se sont rejoints sur cette lutte, on ressent déjà les velléités de certains, en pleine période électorale, d’accepter de négocier avec le Medef ou ses pantins. Le secret de la victoire est une lutte sans concession pour les droits de tous et toutes.

Camille (AL Marseille)

 
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