Interpol : À la rescousse de la République islamique d’Iran

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À la fin de l’année 2009, Interpol a émis une notice rouge, visant plusieurs opposants iraniens. Leur tort : être des militants ou des sympathisants du PCOI-H.

Dès qu’il s’agit de traquer des communistes, les champions de la démocratie libérale n’hésitent pas une seconde : peu importe que le chat soit gris ou noir, pourvu qu’il attrape les souris. Aux États-Unis et en Europe, les autorités politiques, les journalistes ou les intellectuels ont fait les yeux doux à la révolution iranienne. Personne n’a eu de mots assez durs, pour dénoncer la répression policière, les assassinats, les arrestations. Tant que les capitalistes trouvent face à eux l’image attendue d’une opposition « modérée », tout va bien. Mais lorsque la contestation revêt des accents révolutionnaires, cette belle solidarité avec le peuple iranien se lézarde.

Interpol vient ainsi d’émettre une notice rouge, à l’encontre de douze membres et sympathisants du Parti communiste-ouvrier d’Iran – Hekmatiste (PCOI-H), accusés de « terrorisme » pour les uns, de « crime organisé transnational » pour les autres. En l’occurrence, les militants ont été condamnés par le tribunal de Sanandaj, capitale administrative du Kurdistan iranien. Le rôle d’Interpol est alors « d’assister les forces de police nationale pour identifier ou localiser ces personnes, en vue de leur arrestation et de leur extradition ».

Est-ce si étonnant ? L’Iran est après tout un des pays membres d’Interpol. À cet égard, la décision prise contre ces communistes iraniens n’a rien d’inattendu.

Justifier le terrorisme d’État

Elle témoigne tout de même des ambiguïtés des puissances occidentales, dont les indignations ont véritablement deux poids et deux mesures. Surtout, la collaboration d’Interpol risque d’avoir des conséquences graves sur la vie des opposants en général, comme le souligne le PCOI-H lui-même, dans un communiqué. En cas d’extradition, les personnes visées pourraient être condamnées à la peine de mort ou à de lourdes peines de prison. Mais les résolutions d’Interpol contribuent aussi à renforcer la légitimité de l’État iranien, dans son travail de répression intérieure, tout en intimidant l’opposition en exil. En ce sens, Interpol fait le jeu de la théocratie iranienne et de son terrorisme d’État. La nécessité de protester contre ce type de mesure n’en est que plus urgente.

Le groupe Bataille socialiste a entamé, en décembre dernier, une campagne pour s’opposer à cette décision. Une pétition a été lancée, pour que les noms des douze militants soient retirés de la liste de notices rouges d’Interpol et pour mettre un terme aux demandes politiques des États, destinées à museler l’opposition. Plusieurs individus et organisations politiques, dont Alternative libertaire, y ont apporté leur soutien.

- Pour signer la pétition : http://bataillesocialiste.wordpress.com/

 
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