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Iran : Hassan Rohani, ami du business, ennemi de la liberté

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L’heure de la « détente » est venue. A la faveur d’un accord sur le contrôle de son programme nucléaire, à la faveur aussi de l’« union sacrée »contre Daech, la République islamique d’Iran, longtemps tenue pour ennemie, est rentrée dans les bonnes grâces de l’Occident.

Le président iranien, Hassan Rohani, est aussitôt venu à Paris faire ses courses. Le gouvernement français et les businessmen ne s’effarouchent pas du sang qui coule des mains des tyrans. Quinze milliards d’euros de contrats ont déjà été formalisés pour la plus grande joie des actionnaires de Total, de Vinci, etc. Il ne reste plus qu’à boucler celui avec Airbus, qui portera sur près de 23 milliards d’euros...

Quant à la SNCF, son président, Guillaume Pepy, est fier d’annoncer que celle-ci va « apporter son soutien au projet de restructuration des chemins de fer iraniens ». Il annonce également avec fierté « le jumelage de gares françaises et iraniennes » [1]. Cheminot-es et usagers de la SNCF pourront-ils suivre en direct les pendaisons et les tortures ?

Rappelons que la théocratie iranienne, c’est plus de 10 pendaisons chaque semaine, dans un pays qui refuse de reconnaître les syndicats ouvriers, emprisonne et torture ses opposants, et réprime la gauche kurde [2] sur son sol de façon aussi impitoyable que le président turc Erdogan.

Acteur impérialiste au Moyen-Orient

Rappelons que l’Iran c’est aussi, comme la Russie, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, une des puissances impérialistes qui interviennent le plus directement dans la guerre civile syrienne, avec des forces armées sur le terrain.

C’est notamment parce que Téhéran soutient à bout de bras le despote de Damas que la révolution populaire de 2011 a échoué à le faire chuter. Puis que, à la faveur des multiples interventions étrangères, elle a dégénéré en guerre civile, guerre de factions qui n’a hélas plus rien de révolutionnaire – hormis au Rojava.

Alternative libertaire soutient les organisations de la gauche iranienne en exil qui ont organisé, avec plusieurs syndicats français, des protestations lors de la visite à Paris du président iranien.

A lire, les informations qu’elles diffusent sur la réalité du régime iranien :

Alternative libertaire, le 30 janvier 2016

[1] « En Iran, on pend, on torture, on emprisonne… mais y a du fric ! », Le Rail déchaîné, 29 janvier 2016

[2] En Iran, l’équivalent du PKK de Turquie et du PYD de Syrie est le Parti pour une vie livre au Kurdistan (PJAK), dont les militantes et les militants sont traqués par le régime des mollahs.

 
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