Japon Fukushima, la centrale du désespoir

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Le 11 mars, l’impensable s’est produit au Japon. Résultant d’un tremblement de terre et suivi d’un tsunami dévastateur, une catastrophe nucléaire s’amorce dès les premières heures.

À la suite du tremblement de terre du 11 mars au Japon, 11 réacteurs se mettent en arrêt automatiquement et des groupes électrogènes prennent le relais pour assurer le refroidissement des réacteurs. Jusqu’ici « tout va bien ». Sauf que la vague de 7 mètres qui frappe la centrale nucléaire Fukushima Daiichi une demi-heure après, noie les groupes électrogènes, conduisant à un enchaînement d’accidents et une multiplicité inédite de risques .

Des moyens dérisoires

Le réacteur n° 3 concentre rapidement les inquiétudes car il fonctionne depuis quelques mois au Mox, un combustible mêlant uranium appauvri et plutonium, une des substances les plus dangereuses au monde. Il en contient plusieurs tonnes... Autre inquiétude, le bâtiment du réacteur n° 4 endommagé laisse à l’air libre des combustibles usagés risquant d’entrer en fusion. Le taux de radioactivité devient très important dans la région mais le gouvernement maintient une évacuation seulement sur 20 km, alors que des contaminations radioactives sur des légumes sont constatées à plus de 30 km. Le monde découvre avec horreur que les industriels du nucléaire n’ont pour lutter que des moyens dérisoires : utilisation de l’eau de mer, largage par hélicoptères puis avec des canons à eau, mettant en danger la vie et la santé des travailleurs opérant sur place.

Mais la catastrophe nucléaire de Fukushima était-elle réellement impensable ? Depuis des années des groupes antinucléaires japonais, comme le Citizen’s Nuclear Information Center (CNIC) dénonçaient les risques inhérents au nucléaire. Sur leur site, des dossiers consacrés au Mox et aux tremblements de terre démontraient la dangerosité des centrales. Une catastrophe nucléaire due à un tremblement de terre avait même été clairement envisagée par le sismologue Ishibashi Katsuhiko dès 2006. Ce groupe demande, pour l’heure, que la zone d’évacuation soit plus large, demande ignorée par un gouvernement qui continue de prétendre que les rejets n’auront pas d’impact sur la santé.

En France, le réseau « Sortir du nucléaire » avait révélé en 2007 des documents démontrant la dangerosité des centrales nucléaires françaises face au risque sismique. Dans un article (AL n°165), nous nous nous demandions s’il fallait « vraiment attendre une catastrophe nucléaire pour réagir ? ». Nous en sommes malheureusement là aujourd’hui. Rappelons que rien qu’en Europe, il existe 145 réacteurs en fonctionnement.

Gouvernement, industriels du nucléaire, partis et syndicats (PCF, PS, UMP, CFDT, CGT) qui forment la clique des « nucléocrates » se préparent déjà à une contre-offensive, nous présentant la catastrophe nucléaire comme étant impossible en France. Le VRP d’Areva, Nicolas Sarkozy, a d’ailleurs annoncé la couleur, en affirmant que le choix du nucléaire restait « pertinent » pour la France.

Lucie (AL Montpellier)

 
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