Justice de classe : La solidarité n’est pas un délit !

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Face à la répression subie par des militants « coupables » ­d’aide humanitaire aux réfugié.es, aux Roms, aux sans-papiers... une large coordination d’associations se met en place avec une première action prévue le 9 février dans toute la France.

Pendant que les syndicalistes d’Air-France, de Goodyear, de Continental et les manifestantes et manifestants contre la loi travail subissaient les assauts des policiers et de la justice socialistes, d’autres militants et militantes, souvent plus discrets, étaient traité.es de la même manière. Leur délit : aider au séjour de personnes en situation irrégulière sur le territoire national. Plus concrètement, avoir hébergé, nourri, soigné, transporté à titre bénévole des hommes, des femmes, des enfants en grande détresse.

Qu’ont en commun toutes ces militantes et tous ces militants d’origines, d’opinions et de croyances très diverses ? C’est le refus de l’injustice, de l’inhumanité et une morale solide. Ce qui est juste doit être fait même si ce n’est pas légal. La symétrie et la violence des répressions d’État dévoilent la cruauté du libéralisme dans tous ses aspects. Mais aussi son hypocrisie : où est donc la fameuse liberté d’entreprendre, de réussir, de s’enrichir pour ces humains « illégaux » ? La violence des répressions montre aussi que le capitalisme globalisé mis en place au tournant des années 1990 est déjà à bout de souffle et que la révolte gronde si fort que nos dirigeants socialistes libéraux ont décidé de frapper très vite et très fort pour éteindre les foyers de désobéissance.

Amnistie pour les délinquants solidaires

Un manifeste a été rendu public début janvier autour d’organisations nationales bien connues comme la Cimade, le Gisti, la LDH, Romeurope, Le Syndicat de la magistrature, la Fondation Abbé Pierre, l’UJFP, Secours Catholique, MRAP... Plus une myriade d’associations locales montées en urgence autour de Calais ou d’un centre d’accueil pour demandeurs ­d’asile (Cada), d’un bidonville ou d’une expulsion…

Côté syndical, Solidaires et quelques structures CGT ou FSU se sont inscrits dans cette bataille, mais il y a une marge de progression ! Côté politique, EELV, l’OCL et l’AL sont les seules forces présentes au lancement de l’appel. On peut espérer quelques renforts mais les élections du printemps monopolisent visiblement les énergies… Le 9 février sera l’occasion d’une conférence de presse à Paris, probablement place de la République à partir de 10 heures, et les associations en région sont invitées à multiplier les apparitions puisque les 8 et 10 février se tiennent encore deux procès, l’un dans le Nord, l’autre dans le Sud. Au-delà de ces trois jours de mobilisations, le site du Gisti recense l’ensemble des procès intentés et permet de suivre l’actualité judiciaire, région par région. Le manifeste, lui, fait boule de neige : plus de cent organisations sont déjà signataires. Le délit de solidarité doit être abrogé et les militants et militantes relaxé.es et amnistié.es.

Jean-Yves Lesage (AL 93)

 
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